Syrie - La bataille d’Alep serait décisive

Les combats font rage dans le centre de la deuxième ville de Syrie.
Photo: Agence France-Presse (photo) Bulent Kilic Les combats font rage dans le centre de la deuxième ville de Syrie.

Damas — L’armée syrienne et les rebelles acheminaient hier des troupes vers Alep, deuxième ville de Syrie où se joue désormais une bataille décisive entre les opposants et le régime, qui tente parallèlement d’écraser l’une des dernières poches de résistance dans la capitale Damas.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté la communauté internationale à agir pour faire cesser le « massacre », alors que la moitié des 300 observateurs de l’ONU ont quitté la Syrie, selon un responsable de l’ONU, leur présence ayant échoué à mettre un terme à la spirale de violences.


La répression et les combats ont fait au moins 87 morts hier - - 43 civils, 32 soldats et 12 rebelles -, selon une ONG syrienne.


Alep, deuxième ville et poumon économique du pays resté au départ à l’écart de la révolte qui secoue la Syrie depuis mars 2011, a sombré depuis vendredi dans un conflit ouvert entre le régime de Bachar al-Assad et l’Armée syrienne libre (ASL).


«Des centaines de rebelles venus de tout le nord de la Syrie arrivent à Alep » pour « la bataille décisive », a indiqué le correspondant d’un journal syrien dans la ville, précisant qu’une « dizaine de quartiers périphériques » sont toujours aux mains des insurgés.


Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) signale de son côté que depuis 48 heures l’armée envoie des renforts « par la route internationale Damas-Alep », faisant état de deux attaques rebelles contre des convois militaires pour retarder leur arrivée.


Si Alep tombe, « le régime est fini et les deux adversaires le savent », estime M. Abdel Rahmane.


Des accrochages ont éclaté dans plusieurs quartiers de la ville, et des hélicoptères de l’armée ont mitraillé le secteur, selon l’OSDH.


À Damas, l’armée régulière, qui a repris lundi le contrôle de la plus grande partie de la capitale selon l’OSDH, bombardait Hajar el-Aswad (sud), un des derniers bastions rebelles de la ville, faisant usage d’hélicoptères et de mitrailleuses lourdes, selon l’OSDH.


Mais dans le centre de Damas, la vie semblait normale et les habitants se pressaient d’acheter de la nourriture avant la rupture du jeûne du ramadan, alors que plusieurs rues étaient coupées à la circulation par des agents de la sécurité.


Alors que les violences redoublent dans le pays, où plus de 19 000 personnes ont perdu la vie depuis mars 2011 selon l’OSDH, le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a indiqué que la moitié des 300 observateurs avait quitté le pays.


M. Ladsous et le général Babacar Gaye, principal conseiller militaire de l’ONU et désormais à la tête des observateurs, sont arrivés à Damas alors que leur mission a été prolongée pour une « ultime période de 30 jours ».

 

Frontière fermée


La Turquie a décidé hier de bloquer le passage des camions à sa frontière avec la Syrie, coupant une route de ravitaillement importante pour le régime de Damas, alors que les combats se poursuivaient à Alep, pour la cinquième journée consécutive. Le ministre turc de l’Économie, Zafer Caglayan, a justifié cette fermeture par des raisons de sécurité.


Sur le front diplomatique, une importante délégation ministérielle syrienne est arrivée à Téhéran pour renforcer la coopération économique entre les deux pays.


La chargée d’affaires syrienne à Chypre, Lamia Hariri, a fait défection, a indiqué une source syrienne, la deuxième du genre depuis mars 2011.