Attentat en Syrie: représailles de l'armée contre les rebelles

Beyrouth — Les forces gouvernementales syriennes ont lancé aujourd'hui des représailles contre les rebelles à Damas, au lendemain de l'attentat revendiqué par l'Armée syrienne libre (ASL) qui a tué trois membres du cercle proche du président Bachar al-Assad.

L'armée syrienne a bombardé les rebelles dans plusieurs quartiers de la capitale syrienne, aidée d'hélicoptères de combat, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au cinquième jour de violences au coeur de Damas.
 
Ajoutant à la confusion, la télévision d'État et l'agence de presse officielle SANA ont mis en garde les Syriens contre « des hommes armés revêtant des uniformes des Gardes républicains dans les quartiers de Tadamon, Midan, Qaa et Nahr Aisha ».

Au lendemain de l'attentat qui causé la mort du beau-frère du président Bachar al-Assad, le général Assef Chawkat, et de deux autres responsables du régime, on ignore où se trouvent Bachar al-Assad, son épouse et leurs trois enfants.
 
Les habitants de Mezzeh fuyaient leur quartier après que l'armée syrienne l'ait entouré et placé des tireurs embusqués sur les toits. Des échanges de tirs entre forces gouvernementales et rebelles ont retenti et ces derniers auraient touché un hélicoptère et trois véhicules militaires.
 
Les forces de l'opposition ont tiré une roquette contre un commissariat dans la zone de Jdeitet Artouz, tuant au moins cinq policiers.
 
Des milliers de Syriens fuyaient le pays vers la frontière avec le Liban. Des habitants, vivant près du poste frontière de Masnaa, situé à près de 40 km de Damas, ont vu des centaines de voitures privées, de taxis et de bus affluer à la frontière.

Veto de Pékin et Moscou

Par ailleurs, la Russie et la Chine ont opposé leur veto aujourd'hui à la résolution de l'ONU menaçant la Syrie de sanctions pour mettre fin à seize mois de conflit.
 
Le vote, par onze voix pour, deux contre et deux abstentions, laisse en suspens l'avenir des 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie, dont le mandat expire vendredi.
 
L'ambassadeur de la Grande-Bretagne auprès de l'ONU, Mark Lyall Grant, qui avait défendu cette résolution, s'est dit «scandalisé» par ce troisième veto de la Russie et de la Chine.
 
L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan avait demandé aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité de ne se réunir pour voter la résolution qu'une fois qu'ils auraient trouvé un accord.
 
Le projet de résolution, présenté par la Grande-Bretagne notamment, menaçait de sanctions non-militaires le régime du président Bachar el-Assad. Le texte, présenté dans le cadre du chapitre 7 de la Charte de l'ONU, pouvait, à terme, permettre l'usage de la force pour mettre fin au conflit.

Mais Pékin et Moscou, membres permanents du Conseil de sécurité, s'opposent à tout emploi de la force contre leur allié syrien.

Israël sur ses gardes

Israël empêchera les réfugiés syriens d'entrer sur le plateau du Golan, a prévenu aujourd'hui le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, lors d'une visite sur place.
 
Les responsable israéliens suivent de près la dégradation de la situation chez leur voisin syrien et s'inquiètent de possibles débordements au-delà de la frontière, au lendemain de l'attentat qui a tué trois hommes forts du régime de Bachar al-Assad.
 
Ehoud Barak a estimé que les réfugiés syriens, qui fuient déjà vers la Turquie et la Jordanie, pourraient tenter de se rendre sur le plateau du Golan, pris par Israël à la Syrie en 1967. «Si nous devons bloquer l'afflux de réfugiés, nous le bloquerons», a déclaré le ministre Barak dans un communiqué.
 
Les récentes tentatives israéliennes de blocage dans le Golan se sont soldées par des échecs. À deux reprises en 2011, des centaines de militants pro-palestiniens avaient tenté d'entrer sur le territoire israélien à partie de la Syrie, provoquant des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.
 
La dégradation de la situation en Syrie inquiète Israël, qui craint que les jihadistes profitent du chaos qui y règne pour se procurer des armes et attaquer Israël.
 
La frontière israélo-syrienne est relativement calme depuis 1974.