Damas a refusé des visas à certains observateurs

L’ONU a annoncé le refus par la Syrie d’accorder des visas à trois observateurs et accusé le régime et l’opposition de violer le cessez-le-feu instauré il y a trois semaines dans le pays, où les violences ont tué hier 31 personnes.

«Il y a eu trois refus jusqu’à présent», a annoncé à New York le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, sans préciser la nationalité des observateurs. Selon des diplomates, le gouvernement syrien rechigne à laisser entrer des citoyens de pays occidentaux comme les États-Unis, la France le Royaume uni ou l’Allemagne, hostiles au régime de Bachar al-Assad, où de pays arabes comme l’Arabie saoudite et le Qatar qui soutiennent l’opposition.
 

À Damas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a confirmé à l’AFP que le désaccord portait sur les nationalités, mais n’a pas voulu parlé de «refus». «Nous avons convenu avec l’équipe de l’ONU que les nationalités des observateurs devraient être approuvées par les deux parties. On ne peut pas vraiment parler de refus. Il y a bien plus de 110 nationalités qui peuvent facilement travailler en Syrie. Nous restons engagés par une approche positive à l’égard des besoins liées aux opérations de l’ONU», a-t-il dit.


M. Ladsous a en outre indiqué que «les 24 observateurs» sur le terrain depuis plusieurs semaines avaient constaté que des «armes lourdes» étaient toujours présentes dans les villes, en violation du plan de l’émissaire international Kofi Annan accepté par le régime de Bachar al-Assad. C’est en vertu de ce plan qu’une trêve a été instaurée le 12 avril, mais elle reste quotidiennement violée. Il prévoit aussi une mission de 300 observateurs mandatés par l’ONU, la libération des détenus, le droit de manifester pacifiquement et la libre circulation des médias et des humanitaires. Les violations du cessez-le-feu constatées jusqu’à maintenant «viennent des deux camps», les forces régulières et l’opposition armée, a ajouté M. Ladsous, en refusant de dire dans quelle proportion.


Le mandat des 300 observateurs (MISNUS) qui doivent être déployés rapidement a été approuvée pour une période initiale de 90 jours par le Conseil de sécurité. «Ceci n’est pas un exercice illimité dans le temps», a souligné M. Ladsous. Les deux camps «ne doivent pas gâcher cette occasion cruciale». La veille, le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, avait appelé «toutes les parties à cesser immédiatement la violence armée sous toutes ses formes et à coopérer pleinement avec le travail de la MISNUS».


Mais sur le terrain, les violences ont continué de plus belle faisant au moins 31 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Dix civils, dont neuf membres d’une même famille, ont péri dans un pilonnage de l’armée d’un village de la province d’Idleb, 12 soldats ont été tués dans des combats avec des déserteurs à Deir Ezzor, sept civils et deux militaires dissidents ont été abattus par l’armée à Damas, Homs et Hama, a précisé l’OSDH.

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