Afghanistan - Les talibans suspendent les discussions avec Washington

Un soldat américain durant une cérémonie de passation de pouvoir à Kaboul.<br />
Photo: Agence Reuters Omar Sobhani Un soldat américain durant une cérémonie de passation de pouvoir à Kaboul.

Kaboul — Les rebelles talibans ont suspendu hier les discussions préliminaires entamées avec les États-Unis pour mettre fin au conflit en Afghanistan, fustigeant leur attitude «erratique», après les atermoiements américains sur la libération de prisonniers.

À Kaboul, le président Hamid Karzaï a exigé du secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, en visite sur place, que les forces internationales, en grande majorité américaines, «soient retirées des villages afghans et redéployées dans les bases» principales, cinq jours après qu'un soldat américain a massacré 16 villageois, un acte jugé «impardonnable» par Kaboul. M. Karzaï a également indiqué que son pays était prêt à accélérer le processus de transition et à assurer lui-même la sécurité du pays dès 2013, et non à la fin 2014 comme prévu jusqu'ici.

Dans un communiqué mis sur leur site Internet, les talibans ont annoncé avoir «décidé de rompre tout dialogue avec les Américains en raison de leurs incessants changements de position». Début janvier, pour la première fois en dix ans de conflit, les talibans avaient annoncé leur intention d'ouvrir un bureau au Qatar pour discuter avec les États-Unis. Le gouvernement afghan a donné son accord à l'installation de cette représentation hors d'Afghanistan, sans dissimuler sa méfiance, nourrie par la crainte d'être mis à l'écart de ces discussions.

Deux mois après, si des contacts diplomatiques ont eu lieu, les deux parties continuent de se battre en Afghanistan et le processus apparaît très laborieux, faute d'accord sur les conditions de départ des discussions. Washington veut que les rebelles renoncent à la violence avant de discuter. Les talibans posent de leur côté comme préalable la libération de leurs responsables détenus à Guantánamo.

Samedi dernier, les États-Unis, avaient indiqué n'avoir pas encore pris de décision concernant le transfert vers le Qatar de cinq responsables talibans détenus à Guantánamo, une annonce qui a semble-t-il fâché les rebelles.

À Kaboul, M. Karzaï recevait M. Panetta dans un contexte de fortes tensions entre les les États-Unis et l'Afghanistan, récemment exacerbées par plusieurs affaires impliquant des soldats américains qui se sont révélées dramatiques pour la population afghane. Après l'incinération de Corans dans un base américaine en février (plus de 40 personnes ont péri dans les manifestations qui sont suivi), un soldat américain a tué dimanche dernier 16 civils, dont des femmes et des enfants, dans un village du sud de l'Afghanistan.

Le soldat, qui s'est rendu à son unité après le massacre, a été rapatrié aux États-Unis mercredi. Il a avoué ses crimes, sera jugé par la justice militaire américaine, et risque la peine de mort, selon M. Panetta. Ce dernier n'a pas indiqué quelles étaient ses réponses aux demandes de M. Karzaï sur l'accélération de la transition et le retrait des troupes étrangères des villages. Mais il s'est dit confiant dans le fait que les deux pays parviendront à se mettre d'accord et à conclure l'accord de partenariat stratégique qu'ils négocient actuellement et qui doit en particulier définir le statut des troupes américaines restant dans le pays après 2014.

Il a estimé que les deux pays pourraient arriver à se mettre d'accord sur la question des raids militaires nocturnes américains — dénoncés par Kaboul et qui constituent l'un des points d'achoppement de l'accord — avant la conférence internationale sur l'Afghanistan prévue pour mai prochain à Chicago.
1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 16 mars 2012 10 h 03

    pourquoi négocier ?

    Les talibans n'ont jamais voulu négocier . Ils croient qu'ils possèdent LA vérité révélée par Allah et mène une guerre sainte contre les valeurs occidentales; démocratie, égalité de sexes, séparation état/religion...

    Et maintenant qu'ils savent que les troupe appuyées par L'ONU s'en vont l'an prochain, ils se préparent à renverser le gouvernement et imposer leur dictature religieuse.

    Le plus désolant ce sont les pauvres femmes afghanes qui avaient gagné un peu de droits, dont celui à étudier.. Les viles impies qui ont osé étudier seront sauvagement lapidées..et personne ne les défendra!

    Ces gens mériteraient que toutes les femmes quittent le pays et se réfugient dans des pays civilisés. De cette façon leur barbarisme ne pourrait survivre..et ce serait tout ce qu'ils méritent.

    Trop de nos gens sont morts pour aider un pays qui vit encore au moyen-âge et qui est sans espoir..Qui voudrait vivre dans un tel pays ??