Israël arraisonne la flotille pour Gaza

La marine israélienne a abordé hier deux bateaux à destination de la bande de Gaza avec à leur bord des militants pro-palestiniens désireux de forcer le blocus israélien du territoire. En mai 2010, neuf militants turcs propalestiniens, qui tentaient de forcer le blocus de la bande de Gaza, avaient été tués lors de l'abordage par des commandos de Tsahal du Mavi Marmara dans les eaux internationales. L'État hébreu impose un blocus partiel à la bande de Gaza, contrôlée depuis 2007 par le mouvement islamiste du Hamas.

Jérusalem — La marine israélienne a une nouvelle fois empêché hier des bateaux propalestiniens, un irlandais et un canadien, de briser le blocus israélien de la bande de Gaza.

Le Saoirse («liberté» en gaélique) et le Tahrir («libération» en arabe) ont été arraisonnés et la radio publique israélienne a annoncé qu'ils étaient arrivés hier soir au port israélien d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv.

Suivant une procédure déjà bien huilée avec l'interception de précédentes flottilles internationales à destination de Gaza, les 27 passagers (dont 5 journalistes) devraient être livrés aux services de l'immigration, avant d'être expulsés dans les prochains jours vers leurs pays respectifs.

Selon la radio, l'un des militants à bord était israélien, et il devrait être remis en liberté après interrogatoire.

Une source sécuritaire israélienne a précisé à l'AFP que personne n'avait été blessé lors de l'arraisonnement.

«Des commandos de marine israéliens ont abordé les bateaux qui étaient en route pour la bande de Gaza et tentaient de forcer le blocus de sécurité maritime mis en place conformément au droit international», a annoncé un communiqué militaire.

«L'opération s'est déroulée comme prévu et les commandos de marine ont pris toutes les précautions nécessaires pour assurer la sécurité des militants à bord des navires autant que la leur», a ajouté le communiqué.

Premier contact radio


Le premier contact radio entre la marine israélienne et la miniflottille, qui transportait 30 000 $ de médicaments, a eu lieu à 48 milles nautiques des côtes de Gaza. Peu après, les Canadiens ont confirmé le contact radio sur Twitter: «Navire de guerre israélien: "Quelle est votre destination?". Notre réponse: "Le progrès de l'humanité".»

Les communications avec le Tahrir ont ensuite cessé, brouillées par l'armée israélienne. Les organisateurs de la campagne «Freedom Waves to Gaza» (Vagues de la liberté vers Gaza) ont fustigé «un arraisonnement illégal dans les eaux internationales». «Il est évident que 27 civils à bord de deux petits bateaux, transportant seulement des médicaments, ne constituent en aucune façon une menace contre la sécurité de l'État d'Israël», a plaidé une porte-parole, Huwaida Arraf.

«En dépit de cette agression israélienne, nous continuerons, vague après vague, par air, par mer et par terre, à défier la politique illégale d'Israël à l'égard de Gaza et de toute la Palestine», a-t-elle promis.

Partis de la Turquie, les équipages des deux navires avaient reçu pour consigne de ne pas opposer de résistance à la marine israélienne. La radio publique israélienne a précisé dans la soirée qu'aucune arme n'avait été retrouvée à bord.

Israël, qui considère comme des «provocations» les tentatives même symboliques de briser le blocus, défend régulièrement son droit à maintenir le blocus de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis juin 2007, afin d'empêcher la contrebande d'armes.

Une précédente flottille propalestinienne avait été arrêtée en mai 2010 par la marine israélienne lors d'un raid très controversé qui a fait neuf morts parmi des militants et provoqué une crise diplomatique entre la Turquie et Israël. Une deuxième flottille a essayé de partir de Grèce en juillet, mais les autorités grecques lui ont interdit d'appareiller. Seul un petit yacht français, le Dignité-Al Karama, avait pu échapper à la vigilance des garde-côtes grecs, avant d'être intercepté par la marine israélienne.