Assassinat de Rafic Hariri - Le tribunal a des preuves incriminant des membres du Hezbollah

Le Hezbollah dément toute responsabilité dans l’assassinat de Rafic Hariri.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Le Hezbollah dément toute responsabilité dans l’assassinat de Rafic Hariri.

Beyrouth — Des enregistrements téléphoniques démontrent que quatre membres du Hezbollah sont impliqués dans l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, selon l'acte d'accusation rendu public hier après six années d'enquête.

D'après ce document, l'analyse des enregistrements téléphoniques a révélé «la présence d'un certain nombre de réseaux de téléphonie mobile interconnectés et utilisés dans l'assassinat de Rafic Hariri».

«L'accusation s'appuie en grande partie sur des preuves indirectes», souligne l'acte d'accusation de 47 pages publié par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Il ajoute que «les preuves indirectes sont souvent plus fiables que les directes, sujettes à des pertes de mémoire ou des distorsions.»

Le tribunal onusien, basé à La Haye, avait dévoilé en juillet l'identité des quatre hommes visés par des mandats d'arrêt internationaux. Il s'agit de Moustafa Amine Badreddine, figure importante du Hezbollah et beau-frère d'Imad Moughniyed, le défunt chef du mouvement chiite, Salim Jamil Ayyash, Hussein Hassan Oneissi et Assad Hassan Sabra.

«Les quatre accusés ont participé avec d'autres à une conspiration visant à commettre un acte terroriste pour assassiner Rafic Hariri», dit l'acte d'accusation.

Badreddine aurait supervisé l'ensemble de l'opération tandis qu'Ayyash aurait coordonné l'équipe de tueurs. Hassan Oneissi et Assad Hassan Sabra ont pris part à la conspiration et préparé une fausse revendication. Aucun d'entre eux n'a été arrêté par les autorités libanaises. Le Hezbollah assure qu'ils ne le seront jamais.

Réseaux téléphoniques

Au total, cinq réseaux téléphoniques ont été identifiés, dont deux couvraient ceux utilisés uniquement pour appeler les membres du même groupe. Ils ont été désignés par différentes couleurs.

Le «réseau rouge» utilisé par les membres de l'équipe chargée de l'assassinat, était «opérationnel à partir du 4 janvier 2005 jusqu'à seulement deux minutes avant l'attaque du 14 février 2005», explique l'acte.

La localisation de ces téléphones, ainsi qu'un «réseau bleu» montrent que Rafic Hariri a été surveillé au moins pendant les 15 jours qui ont précédé sa mort. Les 33 derniers appels ont été effectués pour la plupart dans des zones où il se trouvait pendant les des deux dernières heures avant sa mort.

Le mouvement chiite dément toute responsabilité dans l'explosion qui a lui a coûté la vie ainsi qu'à 21 autres personnes en février 2005, sur le front de mer de Beyrouth.

L'attentat a plongé le Liban dans une série de crises politiques, de meurtres et de bombardements, avant d'aboutir en mai 2008 à des affrontements intercommunautaires faisant poindre la menace d'une nouvelle guerre civile.

Le Hezbollah, qui est à la fois une organisation politique et un mouvement de guérilla, a renversé en janvier le gouvernement de Saad Hariri, fils du premier ministre défunt, après le refus de celui-ci de révoquer le tribunal.

Saad Hariri a appelé le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah à adopter une «position historique» en coopérant pleinement avec le tribunal de La Haye, afin d'aboutir à l'extradition et au procès des suspects. Mais Nasrallah a rejeté les conclusions de l'acte d'accusation, jugeant qu'elle ne contenait aucune preuve.
1 commentaire
  • michel lebel - Inscrit 18 août 2011 08 h 45

    Quel avenir?

    Pauvre Liban! Comment cela finira-t-il? Quand le sang finira-il d'y couler? Un si beau pays, pris dans la tourmente. Pour que la paix soit, faudra-t-il que la plupart des Libanais quittent leur pays? Pauvre Liban.