Damas passe de nouveau à l'attaque

La Ligue arabe, citée par l'agence de presse qatarie, a également fait part hier de «son inquiétude croissante et sa grande angoisse» sur la situation en Syrie.

Bachar al Assad continue de justifier sa campagne militaire par les agissements présumés de groupes armés extrémistes. «C'est un devoir national de s'occuper des hors-la-loi et des criminels qui font des hold-up sur les routes, interdisent l'accès aux villes et terrorisent la population», a-t-il dit au ministre libanais des Affaires étrangères, Adnan Mansour, dans des propos rapportés par l'agence de presse officielle Sana.

La répression a fait au moins 57 morts hier, a dit à Reuters Souhair al Atassi, membre de l'Union de coordination de la révolution syrienne, qui parle de «chiffres provisoires».

L'assaut contre Daïr az Zour, grande ville de l'est de la Syrie, aurait fait 38 morts, une semaine jour pour jour après l'assaut contre Hama, autre ville où l'opposition au régime est forte.

«Tôt ce matin, des colonnes de chars et de bulldozers, couvertes par un feu nourri, ont enfoncé les entrées ouest et nord de la ville et détruit les barricades érigées par les habitants, a raconté un habitant à Reuters. Une dizaine de chars prennent position sur la place du marché de Djoubaïla, dans le nord de Daïr az Zour», a dit par téléphone cet habitant se faisant appeler Abou Bakr.

Selon les Comités de coordination locale, des dizaines de chars sont également intervenus dans la région agricole de Houla, au nord de Homs, accompagnés d'autobus remplis de «chabbiha», les milicens fidèles à Bachar al Assad.

Ces milices ont tué 13 villageois, selon Souhair al Atassi.

Ces informations sont difficiles à vérifier, la Syrie ayant expulsé la plupart des médias indépendants depuis le début de la révolte contre le régime il y a cinq mois.

Réactions régionales

Samedi, Ban Ki-moon a fait part de «sa très grande préoccupation» au président syrien lors d'une conversation téléphonique, selon les services de l'ONU. Le diplomate «a demandé expressément au président de mettre fin immédiatement à l'utilisation de la force armée contre les civils», a précisé l'ONU dans un communiqué.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, se rendra demain à Damas, porteur d'un message «déterminé», selon le premier ministre Tayyip Erdogan. La Turquie était une alliée de la Syrie jusqu'au soulèvement, mais Ankara a critiqué la répression ces dernières semaines, notamment depuis l'assaut contre Hama.

Un conseiller de Bachar al Assad, Bouthaina Shabaan, a prévenu que le diplomate devait s'attendre à un accueil glacial: «Si [...] Davutoglu vient délivrer un message déterminé à la Syrie, alors il entendra des propos encore plus déterminés concernant la position de la Turquie. La Turquie n'a toujours pas condamné les meurtres sauvages de civils et de soldats par les groupes terroristes armés», a-t-il dit à l'agence Sana.

La répression du mouvement de contestation a également été critiquée pour la première fois samedi par le CCG, qui regroupe six pays du Golfe. Le CCG a dénoncé «l'augmentation de la violence et l'usage excessif de la force» en Syrie, sans citer Bachar al Assad, et demandé la mise en oeuvre «des grandes réformes nécessaires».

Les autorités syriennes imputent la violence à des groupes armés et à des extrémistes religieux qui ont, selon elles, tué 500 policiers et soldats. D'après des groupes de défense des droits de l'homme, les forces de sécurité syriennes ont tué au moins 1600 civils depuis le début des troubles en mars.

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