Israël - Après les bateaux, les avions

La sécurité a été renforcée hier à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Jack Guez La sécurité a été renforcée hier à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

Jérusalem — Israël tentait hier d'empêcher des centaines de militants propalestiniens d'embarquer sur des vols vers l'aéroport de Tel-Aviv, après avoir réussi à bloquer en Grèce une flottille qui voulait forcer symboliquement le blocus maritime de Gaza.

Au moins neuf militants propalestiniens voulant embarquer à l'aéroport parisien de Roissy sur un vol de la compagnie hongroise Malev à destination de Tel-Aviv via Budapest ont vu leurs réservations annulées à la demande des autorités israéliennes, qui ont publié une liste de plus de 300 «indésirables».

Cette liste a été adressée aux compagnies aériennes pour les prévenir que les personnes citées ne seraient pas autorisées à débarquer et que leur retour serait par conséquent à leur charge. Selon le site d'information israélien Ynet, la plupart des personnes figurant sur cette liste sont de nationalité française.

«Une heure après le début des enregistrements, nous avons reçu un courriel nous disant que nos vols étaient annulés et lorsque nous nous sommes présentés à l'enregistrement, on nous a dit que nous ne pouvions pas embarquer, nos réservations étaient annulées», a expliqué Philippe Arnaud, un des passagers refoulés.

Après la Grèce

Les agents de Malev ont montré aux passagers la liste comportant leurs noms ainsi qu'une lettre du ministère israélien de l'Intérieur informant la compagnie que si elle les laissait embarquer, l'appareil se verrait «interdire l'accès normal» à l'aéroport, a indiqué Nicolas Shahshahani, un des organisateurs de l'opération «Bienvenue en Palestine».

Les autorités israéliennes «sont en train de chercher à faire faire le travail à distance par des supplétifs», a-t-il estimé.

Sous la pression d'Israël, qui a menacé d'utiliser la force contre la flottille, les autorités grecques ont empêché le départ de tout bateau pour Gaza, invoquant la nécessité de «protéger les passagers».

L'unique navire de la flottille à avoir pu prendre le large, le Dignité-Al Karama, transportant 12 personnes, a été bloqué hier par les garde-côtes.

Tout en relevant l'objectif dissuasif de la mobilisation policière à l'aéroport, les médias israéliens jugeaient celle-ci excessive.

Un ancien porte-parole de l'armée, le député du parti centriste Kadima (opposition) Nahman Shaï a déploré qu'«Israël continue à traiter comme une menace militaire des manifestations de civils non armés» telles qu'elles se produisent dans tout le monde arabe.

Des associations de soutien aux Palestiniens ont appelé sur Internet leurs sympathisants à converger le 8 juillet vers l'aéroport de Tel-Aviv, afin de se rendre ensuite dans les territoires palestiniens, dont Israël contrôle tous les accès, à l'exception de la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte.

La police israélienne était en état d'alerte en prévision de l'arrivée de ces militants, qualifiés de «hooligans» par le ministre israélien de la Sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, qui a annoncé leur expulsion dès leur arrivée.

«Plusieurs centaines de policiers ont été déployés pour éviter tout désordre. Ils ont reçu pour consigne d'agir avec fermeté et retenue, en arrêtant sur le champ tout fauteur de troubles», a déclaréle porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Ces policiers, dont des membres de l'unité d'élite chargée d'intervenir en cas d'attentat et des gardes-frontières, ont été envoyés en renfort des centaines d'agents de sécurité opérant régulièrement à l'aéroport.

Les organisateurs ont expliqué vouloir marquer l'anniversaire de la décision, le 9 juillet 2004, de la Cour internationale de Justice (CIJ) déclarant illégale la barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie.
12 commentaires
  • Montrealistement - Abonné 8 juillet 2011 07 h 30

    personne pour contester?

    Je suis franchement étonné de voir que de telles nouvelles ne semblent susciter aucune indignation chez les québécois. Un régime autoritaire, voire fasciste dirige un peuple qui a justement été victime du fascisme. Difficile pour le néophyte de ne pas associé toute la population juive à ses dirigeants, difficile de croire que les associations juives canadiennes ne dénonceront jamais les agissements du gouvernement israélien, qui vont pour le moins à l'encontre des droits fondamentaux de parole et d'opinion. Combien de victimes non palestiniennes (mortes ou vives) faudra-t-il pour que le reste de la planète ose protester?

  • celljack - Inscrit 8 juillet 2011 08 h 23

    La règle d'Or

    Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse.
    Cette règle universelle dépasse toutes les religions.

    Le gouvernement d'israel agit définitivement sans tenir compte de cette règle, ni du passé qui justifierait la modération de leurs actes.

  • lephilosophe - Inscrit 8 juillet 2011 08 h 43

    Nous sommes tous sous occupation!

    Un jeune Palestinien ayant étudié aux États-Unis et s'en retournant chez lui avait lancé la formule suivante: «Dites-vous bien que si vous ne pouvez venir me visiter, vous aussi vivez sous l'occupation israélienne». C'est exactement ce que l'on voit à l'œuvre cette semaine. Des centaines de personnes voulant se rendre en Cisjordanie occupée — et non pas à Gaza — se voient refoulées aux aéroports européens. Genève, Roissy, Amsterdam, des personnes se voient interdire l'accès aux avions. Nous voyons donc à quel point les diverses autorités gouvernementales collaborent à cette occupation. Car cette campagne «Bienvenue en Palestine» vise à attirer l'attention sur le fait qu'il n'y a pas que les Gazaouis qui ne peuvent circuler librement mais que c'est l'ensemble des Palestiniens de Cisjordanie qui vit cette atteinte aux droits fondamentaux à la libre circulation.
    Cette semaine nous avons vu que le territoire de l'occupation de la Palestine s'est étendu aux ports de Grèce, de Turquie, aux aéroports européens. Ce sont des actions «extraterritoriales» de même nature que l'arraisonnement de la Flottille de la Liberté en eaux internationale l'année dernière. Cette semaine, les sionistes ont également encore une fois tenté de couper les fonds de la Ville de Toronto à la Gay Pride à cause de la présence de Queers Against Israeli Apartheid dans les festivités. Autrement dit, ici même, ils s'activent à bannir la liberté d'expression des Canadiens. Jusqu'où tolérerons-nous ces atteintes aux droits fondamentaux de tous et chacun? Et dire que le rapport sur l'antisémitisme au Canada tente encore de nous les présenter comme des victimes?

    Bernard Gadoua

  • Christian Stoia - Abonné 8 juillet 2011 10 h 22

    Territoires outre-mer

    D'un côté, des compagnies aériennes refusent de vendre des billets et d'octroyer des sièges à des citoyens européens, à la demande d'Israël, comme si le comptoir aéroportuaire de Malev, par exemple, était déjà la douane de Tel-Aviv.

    De l'autre côté, des autorités portuaires refusent de laisser partir des bateaux européens, à la demande d'Israël, comme si le port du Pirée, par exemple, était déjà en eau israélienne.

    La réalité du "territoire" d'Israël est une fois de plus extensible, au-delà de l'occupation, continuée, continuelle, de Gaza et de la Cisjordanie.

  • ramuncho - Inscrit 8 juillet 2011 11 h 08

    Avions

    Il est parfaitement normal que l'état d'Israél empêche par tous les moyens l'arrivée de semeurs de troubles dans son pays. Comment réagirait-on si quelqu'un venait dans notre maison pour y casser tout ? Israél est un état libre , indépendant , démocratique a l'inverse de ses voisins qui sont pour la plupart des dictatures investies par des fanatiques religieux qui n'ont pour but que l'anéantissement de ce petit pays .