Manifestations de la «Nakba» - L'anniversaire d'Israël souligné par de violents heurts aux frontières

Un manifestant palestinien lance une pierre sur des véhicules de police pendant les manifestations de la Nakba, près du camp de réfugiés de Shuafat, près de Jérusalem.
Photo: Agence Reuters Baz Ratner Un manifestant palestinien lance une pierre sur des véhicules de police pendant les manifestations de la Nakba, près du camp de réfugiés de Shuafat, près de Jérusalem.

Madjdal Shams, plateau du Golan — Des violences ont marqué hier aux frontières entre Israël, le Liban, la Syrie et la bande de Gaza le jour de la «Nakba», qui souligne la «catastrophe» que représente pour les Palestiniens la création de l'État hébreu en 1948.

Ces affrontements ont fait au moins douze morts et des dizaines de blessés. Il s'agit du plus lourd bilan des manifestations de la «Nakba».

Les forces israéliennes ont ouvert le feu sur des réfugiés palestiniens venus de Syrie qui voulaient franchir la clôture frontalière érigée sur les hauteurs du Golan, faisant deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence de presse syrienne Sana qui fait état de 116 blessés des deux côtés. Un précédent bilan donné par les médias israéliens était de quatre morts.

La fusillade a éclaté dans le village de Madjdal Chams. Le maire, Dolan Abou Salah, a précisé qu'entre 40 et 50 manifestants brandissant des drapeaux palestiniens avaient tenté de franchir en force la clôture frontalière.

Israël a conquis sur la Syrie le plateau stratégique du Golan, qui domine le lac de Tibériade, durant la guerre des Six-Jours de juin 1967 et l'a annexé fin 1981. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale.

La Syrie, où le régime du président Bachar el Assad est confronté depuis deux mois à une contestation populaire sans précédent, abrite 470 000 réfugiés palestiniens.

À Damas, un communiqué du ministère des Affaires étrangères a dénoncé les «actes criminels» d'Israël sur le Golan.

Pour un responsable du gouvernement israélien, «les autorités syriennes cherchent délibérément à provoquer une crise à la frontière afin de détourner l'attention de l'opinion publique des problèmes internes qu'elles rencontrent».

«Provocation»

À la frontière entre le Liban et Israël, dix Palestiniens ont été tués et une centaine blessés par les tirs de soldats israéliens qui voulaient empêcher des manifestants de pénétrer en Israël, ont rapporté les forces de sécurité libanaises. Des soldats de l'armée libanaise avaient auparavant tiré en l'air pour tenter de contenir la foule.

«C'est de la pure provocation, inspirée par les Iraniens, à nos frontières avec la Syrie et le Liban, à l'occasion de la "Nakba"», a estimé le porte-parole de Tsahal, le lieutenant-colonel Yoav Mordechaï.

Au sud-ouest d'Israël, à la frontière avec la bande de Gaza contrôlée depuis 2007 par les islamistes du Hamas, les tirs israéliens sur une foule qui s'approchait de la clôture de sécurité ont fait une soixantaine de blessés, a-t-on appris de source médicale.

À Tel Aviv, une personne a été tuée et 17 autres ont été blessées par un camion qui a percuté plusieurs véhicules et renversé des piétons.

Le conducteur, qui a été arrêté, est âgé de 22 ans et habite Kafr Kassem, village arabe du centre d'Israël, a précisé Micky Rosenfeld, porte-parole de la police. Les enquêteurs s'efforcent d'établir s'il s'agit d'un acte délibéré ou d'un accident.

Des jeunes rassemblés près d'un barrage israélien aux abords de Ramallah, en Cisjordanie, ont lancé des pierres en direction des militaires, qui ont riposté en tirant des balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes.

La «Nakba» s'est traduite par l'exode de quelque 760 000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre d'au moins 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, les territoires palestiniens, la Syrie et le Liban.

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