Syrie - La ville de Banias est bouclée

Les forces de sécurité syriennes ont bouclé dans la nuit de dimanche à hier les accès à la ville côtière de Banias, théâtre de violences à caractère religieux imputées à des miliciens partisans du président Bachar al-Assad, ont rapporté des témoins.

Un groupe d'étudiants a observé hier un sit-in à l'université de Damas en signe de solidarité avec les victimes de l'intervention des forces de l'ordre à Banias.

Après des manifestations en faveur de la démocratie vendredi et samedi à Banias, ville majoritairement sunnite, des miliciens alaouites, les «chabbiha», circulant en voiture ont ouvert le feu dimanche à l'arme automatique sur des habitants. Au moins quatre personnes ont alors été tuées, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de la personne. Bachar al-Assad est lui-même membre de la secte alaouite, issue du chiisme.

Un autre militant des droits de la personne a déclaré que les routes menant à Banias étaient bloquées. «Nous avons essayé de rejoindre Banias à partir de l'autoroute longeant la côte, mais la police secrète bloquait la sortie principale et forçait les voitures à faire demi-tour. Les routes voisines étaient également bloquées», a-t-il dit.

«L'électricité est coupée depuis hier, les gens sont terrifiés», a déclaré par téléphone Anas al Choughri, l'un des organisateurs des manifestations. «L'armée est déployée dans les rues et il y a des barrages dans tout le secteur.»

Les autorités syriennes ont par ailleurs arrêté hier l'écrivain et journaliste Fayez Sara, un opposant qui avait déjà passé deux ans et demi en détention entre 2008 et 2010, a dénoncé le président de la Ligue syrienne de défense des droits de la personne, Abdel Karim Rihaoui.

En revanche, 190 personnes arrêtées récemment à Douma, qui avait connu des violences meurtrières le 1er avril, ont été libérées, a annoncé une source proche du dossier. Et le président Bachar al-Assad a reçu dimanche des «proches des martyrs» tombés dans cette localité à 15 km au nord de Damas.

La Syrie est en proie à un mouvement de contestation du pouvoir depuis le 15 mars. Depuis vendredi, des manifestations violentes ont fait une trentaine de morts, en particulier à Deraa et Banias, malgré les promesses de réformes du régime de Bachar al-Assad.

Un des chefs de file des manifestants à Banias, Anas al-Shouhri, a raconté hier que la ville était «assiégée par plus de 30 chars», et a fait part d'arrestations dans la nuit dans cette ville à 280 km au nord-ouest de Damas, où se trouve l'une des deux raffineries de pétrole du pays.

Les funérailles de quatre personnes tuées dimanche se sont cependant déroulées hier matin sans incident, a déclaré Abdel Karim Rihaoui. Et selon un militant des droits de la personne joint par téléphone, le calme était revenu dans la ville en fin d'après-midi.

Onze ans après son accession au pouvoir, le président al-Assad est confronté à un mouvement de contestation sans précédent dans l'histoire moderne de la Syrie où l'état d'urgence est en vigueur depuis le coup d'État orchestré par le parti Baas en 1963. Au moins 90 personnes sont mortes depuis le début en mars des manifestations, parties de Deraa, dans le sud de la Syrie.
1 commentaire
  • SusanK - Inscrit 21 avril 2011 12 h 59

    @JOSEPH LOUIS

    Totalement d'accord avec vous. De tous les peuples en révolte, je considère que que les syriens sont ceux à aider. Remarquez sur toutes les photos sortant de la Syrie, aucune femme voilée et pas de barbes à la Mohammed ni de foulards Hamas contrairement aux autres pays en révolte.

    La Libye me fait particulièrement peur. Aucun dirigeant n'a le droit de décider quelle moitié de la population mérite d'être bombardée. Dans le cas de la Libye, l'EU et l'Otan se sont rangés dans le camps des radicaux, foulards Hamas, barbus Mahommed etc.

    Hier, des femmes libyennes musulmanes ont imploré un prêtre chrétien dans une église de demander l'intervention du Vatican pour faire cesser les bombardements contre eux. Très triste comme histoire.