De nouvelles victimes de la rébellion au Yémen

Des protestataires antigouvernement scandaient des slogans hier aux abords de l’Université de Sanaa. <br />
Photo: Agence Reuters Khaled Abdullah Des protestataires antigouvernement scandaient des slogans hier aux abords de l’Université de Sanaa.

Sanaa — Deux personnes ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées hier au Yémen lorsque la police yéménite a tiré à balles réelles et recouru aux gaz lacrymogènes contre des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, a-t-on appris de source médicale.

La plupart des blessés à Sanaa souffrent des effets du gaz, mais certains ont été touchés par des balles, rapportent des témoins. Deux d'entre eux seraient dans un état grave après ces affrontements, survenus aux abords de l'université de la capitale, lieu phare de la contestation depuis plusieurs semaines.

Dans la ville portuaire d'Aden, dans le Sud, une personne a été tuée par balle lors d'affrontements entre protestataires et policiers, selon un médecin.

Dans un communiqué, la Maison-Blanche a appelé hier le régime à faire preuve de «retenue».

Washington considère Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, comme un allié de première importance dans la lutte contre al-Qaïda, qui est fortement implanté au Yémen, mais la Maison-Blanche est de plus en plus préoccupée par l'escalade de la violence et appelle au dialogue.

La chaîne d'information Al Jazira a montré des médecins soignant des manifestants ensanglantés et toussant à cause des gaz dans un hôpital de fortune mis sur pied par les contestataires dans l'enceinte de l'université.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées aux abords de l'université, hier.

Ils brandissaient des banderoles sur lesquelles Saleh était appelé «Ali le chimique», allusion au recours par la police à un gaz lacrymogène qui attaque le système nerveux. Le ministère de l'Intérieur a démenti l'utilisation d'une telle substance.