Des milliers d'Irakiens descendent dans la rue

Bagdad —Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier en Irak contre le manque de services publics, la corruption, le chômage ou encore l'incompétence de leurs dirigeants, lors de rassemblements toutefois moins massifs que ceux de la semaine précédente.

La manifestation la plus importante, qui a rassemblé 2000 personnes dans le centre de la capitale, s'est terminée dans le calme vers 15h. Et aucun débordement n'a été signalé lors de la dizaine d'autres rassemblements organisés dans le pays.

Le 25 février, 16 personnes avaient péri en marge de la vingtaine de manifestations qui avaient eu lieu lors la «Journée de la colère», la plus violente en un mois de mobilisation populaire.

D'importants dispositifs de sécurité avaient été mis en place hier pour cadrer, voire empêcher, les manifestations, les autorités ayant imposé dans plusieurs provinces des restrictions draconiennes à la circulation des véhicules.

«Le pétrole pour le peuple, pas pour les voleurs», scandaient certains manifestants place Tahrir, dans le centre de Bagdad. «Maliki, menteur», criaient d'autres. «Où est passé l'argent du peuple?», pouvait-on lire sur une pancarte.

«Nous manifestons car nous aimons notre pays et nous voulons qu'il aille mieux», a déclaré Mohamed Khalil, un jeune médecin. «Qu'est ce qui va mal en Irak? Tout.»

«Nous nous battons pour une vraie démocratie, a affirmé Ryad Abdullah, un écrivain de 39 ans. Chaque jour, nos libertés sont rognées par les partis religieux.»

«La corruption est aussi un problème crucial. Nous vivons dans un pays riche en pétrole, mais nous n'avons pas d'électricité ni d'eau saine, pas d'infrastructures», a-t-il dénoncé.

Trois fouilles aux corps étaient prévues avant d'accéder place Tahrir, et des témoins ont affirmé que de nombreux manifestants n'avaient pu atteindre le lieu du rassemblement.

Selon un appel sur Facebook, les manifestations d'hier se voulaient pour les électeurs l'occasion de dire à leurs dirigeants leur déception, près d'un an jour pour jour après les secondes législatives de l'après-Saddam Hussein.

Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs villes chiites du sud, comme Nassiriya, Najaf, Fao ou Hilla.