Les États-Unis pourraient prolonger leur séjour en Afghanistan

Kaboul — Les États-Unis ne sont pas en Afghanistan pour «gouverner», mais ils y resteront au-delà de la limite théorique de 2014 si les Afghans le souhaitent, a déclaré hier à Kaboul le vice-président américain ,Joe Biden, au chef de l'État afghan, Hamid Karzaï.

Soucieux de rassurer le dirigeant afghan, qui a précédemment accusé Washington d'ingérence dans les affaires de son pays, Joe Biden a dit que les Afghans étaient capables de forger leurs institutions et que les États-Unis n'étaient pas dans leur pays pour construire une nation.

«Nous ne partirons pas si vous ne voulez pas nous voir partir. Nous entendons continuer à coopérer avec vous, cela répond aux intérêts des deux nations», a-t-il dit.

Joe Biden effectue sa première visite en Afghanistan en qualité de vice-président. Dans le passé, il a vivement critiqué Hamid Karzaï en mettant en cause sa crédibilité en tant que partenaire et en l'accusant de passivité devant la corruption.

Sa venue fait suite à l'année la plus meurtrière de la décennie dans le conflit afghan. Le pays y a connu des violences sans précédent depuis l'éviction des talibans de Kaboul par les forces américano-afghanes à la fin de 2001, dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

«Il n'est pas dans nos intentions de gouverner, ni de construire une nation. Ceci relève de la responsabilité du peuple afghan, qui en est parfaitement capable», a indiqué Joe Biden dans un communiqué diffusé après des entretiens et un déjeuner en compagnie de Karzaï.

Un rapport de la Maison-Blanche sur la stratégie américaine en Afghanistan présenté en décembre faisait état de succès opérationnels «notables» et d'un coup de frein donné à l'action des talibans dans une grande partie du pays. Mais il ne manquait pas d'ajouter que toute avancée était fragile et réversible.

Les auteurs du rapport estimaient aussi que les États-Unis seraient en mesure d'entamer en juillet un retrait progressif de leurs troupes, dont les effectifs s'élèvent à 97 000 hommes environ sur un total de 150 000 soldats étrangers.

Cette réduction des effectifs s'inscrit dans un plan soutenu par l'OTAN et aux termes duquel les Afghans prendraient la direction des opérations de police et de sécurité dans l'ensemble du pays en 2014.

Joe Biden a noté que les forces américaines avaient marqué des points contre les insurgés, mais que, pour que ces progrès soient durables, il était nécessaire qe l'Afghanistan assume la responsabilité de sa sécurité et que le Pakistan voisin combatte plus résolument les talibans.