Des litiges retardent encore la formation du gouvernement en Irak

Bagdad — Neuf mois après les élections législatives, le parlement irakien a différé hier de 24 heures son vote sur la composition du nouveau gouvernement en raison de litiges persistants sur la répartition des postes.

L'Irak est sans gouvernement depuis les élections du 7 mars, qui n'ont pas dégagé de majorité claire. Le premier ministre Nouri al Maliki avait espéré présenter son nouveau cabinet au parlement hier, mais les luttes intestines l'en ont empêché, ont indiqué des parlementaires. L'assemblée a reporté le vote à aujourd'hui.

«Croyez-moi, il est très difficile de former un gouvernement dans un pays comme l'Irak», a déclaré Maliki lors d'une conférence de presse. «C'est très difficile parce qu'il faut trouver une place au gouvernement pour tout le monde, non seulement pour ceux qui ont gagné, mais aussi pour tous ceux qui ont participé.»

De hauts responsables ont dit que l'actuel ministre du Pétrole, Hussain al Chahristani, figurait sur la dernière liste de Maliki en tant que vice-premier ministre chargé de l'Énergie, et que son adjoint actuel, Abdul Karim Louaibi, obtiendrait dans ce cas le portefeuille du Pétrole.

Concessions

Chahristani est l'artisan d'un plan visant à faire de l'Irak l'un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole. Il a demandé et obtenu l'assurance de disposer de pouvoirs suffisants en tant que vice-premier ministre pour influer sur la politique énergétique du pays, a rapporté un responsable.

Certains députés ont décidé de refuser tout vote jusqu'à ce que cabinet soit entièrement défini et que les tractations soient terminées.

Selon Ibrahim al Sumaidaie, un expert politique irakien, les partis politiques tentent d'arracher des concessions à Maliki. «Il y a des blocs qui veulent mettre la pression sur Maliki pour qu'il réponde à leurs demandes, dit-il. Mais Maliki peut renverser la situation en se présentant devant le parlement avec la moitié du gouvernement.»

Postes sensibles

Si l'on en croit des parlementaires, parmi les postes sur lesquels ont achoppé les discussions hier figuraient le portefeuille des Finances, les vice-présidences et les postes de vice-premiers ministres.

Des postes sensibles car liés aux questions de sécurité (Intérieur, Défense, Sécurité nationale) restent entourés d'incertitude. Maliki a exprimé l'intention de maintenir en place certains ministres jusqu'à ce que soient opérés des choix définitifs.

Un accord de partage du pouvoir a été conclu le 10 novembre entre les grandes trois communautés d'Irak: les chiites, les sunnites et les Kurdes.

Maliki, qui est chiite, a été reconduit à la tête du gouvernement tandis que Djalal Talabani, un Kurde, est maintenu à la présidence de l'État et qu'Ossama al Noudjaifi, sunnite, est nommé président du parlement.