Le chef de la CIA au Pakistan est exfiltré après des menaces

Washington — Le chef de la CIA au Pakistan, l'agence américaine qui supervise les frappes de drones dans les zones tribales de l'ouest du pays, a été exfiltré du pays après avoir fait l'objet de menaces, a-t-on appris hier auprès d'un responsable américain du renseignement.

«Des menaces terroristes à son encontre étaient si sérieuses qu'il aurait été imprudent de ne pas agir», a affirmé ce responsable, évoquant un chef de station «exceptionnel» qui avait passé plus de temps dans le pays que son affectation ne le prévoyait.

Ce responsable n'a pas précisé la nature des menaces qui pesaient contre lui. Selon le New York Times, il a quitté le pays jeudi après que son nom — couvert par le secret — a été révélé dans une plainte déposée par un homme qui accuse la CIA d'avoir tué son fils et son frère au cours d'un tir de drone.

L'exfiltration du chef de station n'empêche pas la poursuite des activités de la CIA au Pakistan, «dont le combat acharné contre les militants» talibans et d'Al-Qaïda, a précisé ce responsable du renseignement sous couvert de l'anonymat.

La CIA mène une campagne de tirs de drones Predator ou Reaper dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, considérés comme des sanctuaires pour les militants islamistes qui franchissent la frontière afghane pour combattre les troupes de l'OTAN

Ces frappes se sont nettement intensifiées depuis l'été 2008. Quelque 117 frappes ont été menées depuis le début de l'année, soit plus du double qu'en 2009, selon le décompte du centre de réflexion Fondation pour une nouvelle Amérique.

Au moins 25 insurgés ont été tués dans trois frappes visant le district tribal de Khyber, limitrophe de l'Afghanistan, ont annoncé vendredi des responsables pakistanais.