Karachi - Villepin accrédite la piste de la corruption

Paris — Dominique de Villepin s'est dit convaincu hier devant un juge que des commissions versées en marge d'une vente de sous-marins au Pakistan en 1994 avaient bénéficié à des partis politiques français.

Entendu quatre heures durant, l'ancien Premier ministre a désigné, comme possibles bénéficiaires, des partis soutenant Édouard Balladur pour l'élection présidentielle de 1995, mais n'a identifié personne, a rapporté un avocat ayant assisté à l'audition.

C'est un nouvel épisode d'une enquête judiciaire qui porte sur une éventuelle corruption en marge de ce marché d'armement à destination du Pakistan, et sur un éventuel lien avec l'attentat de Karachi où ont péri en 2002 11 Français travaillant à la fabrication des sous-marins dans ce pays.

Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Élysée en 1995, a dit au juge que selon une enquête menée alors par les services secrets, l'argent versé pour des commissions légales avait été en partie détourné sous forme de «rétrocommissions» frauduleuses, a rapporté Me Olivier Metzner, son avocat.

Dominique de Villepin, ancien secrétaire général de l'Élysée (1995-2002) et ex-premier ministre (2005-2007), a confirmé aussi devant le juge que l'arrêt de paiements à des intermédiaires avait été décidé par Jacques Chirac après son élection à l'Élysée en 1995, face à Édouard Balladur, son rival à droite. Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, a aussitôt condamné ces déclarations.

Nicolas Sarkozy, ministre du Budget entre 1993 et 1995 et porte-parole de la campagne d'Édouard Balladur, a déclaré vendredi dernier que l'affaire ne le «concernait en rien».