Le Parlement afghan pourrait être formé dans une semaine

Kaboul — Le nouveau Parlement afghan pourrait être formé d'ici une semaine après la publication, hier, de la plupart des résultats des législatives du 18 septembre, rapporte la Commission électorale indépendante (CEI).

Seuls manquent encore les résultats de l'une des 34 provinces et des nomades Kuchi. Onze sièges sur les 249 restent ainsi à attribuer, a déclaré une porte-parole de la CEI, Marzia Siddiqi Salim.

Hier, des candidats aux législatives afghanes ont manifesté dans les rues de la capitale pour protester contre un processus électoral à leurs yeux corrompu et honteux.

Dimanche, la commission des plaintes électorales, mise en place par l'ONU, avait annoncé que 21 candidats vainqueurs, soit près d'un sur dix, avaient été disqualifiés pour fraude.

Elle a annoncé, hier, que trois autres candidats vainqueurs avaient été disqualifiés, ce qui porte à 24 au total le nombre de candidats disqualifiés.

Mais en dépit des inquiétudes concernant les fraudes et des appels de manifestants en faveur de l'annulation des élections, le président de la CEI, Fazl Ahmad Manawi, a affirmé lors d'une conférence de presse que «nulle part» ne seraient organisés de nouveaux scrutins.

Quelque 150 manifestants se sont rassemblés hier devant le palais présidentiel. Certains brandissaient des banderoles proclamant «parlement détourné effondrement de la démocratie» et «La CEI est l'ennemie de la démocratie».

Fraudes


La police antiémeute était présente et les rues autour du palais présidentiel étaient bloquées. «Bloquer la rue et déclencher des violences parce qu'ils n'ont pas eu de siège n'est pas la chose à faire et il s'agit d'un acte malveillant envers le pays», a réagi le président Hamid Karzaï.

Les manifestants, pour la plupart des candidats malheureux et leurs partisans, ont affirmé que l'absence de prise en compte de leurs griefs pousserait les Afghans dans les bras de l'insurrection.

«Peu importe qui perd ou qui gagne, nous continuerons de manifester jusqu'à ce que les autorités gouvernementales nous entendent et que le peuple afghan soit au courant de l'étendue de la fraude électorale», a déclaré Noor ul Haq Olomi, élu de la province de Kandahar, bastion des talibans.

Plus de 6000 plaintes ont été déposées auprès de la Commission des plaintes électorales et la CEI a déjà invalidé près du quart des 5,6 millions de bulletins. De son côté, le parquet enquête sur la CEI à propos de fraudes électorales.

Des médias afghans ont rapporté mardi soir que le parquet avait suspendu deux responsables électoraux.