Proposé par Washington - Israël examine un gel de la colonisation

Benjamin Nétanyahou, ce week-end à la Knesset (Parlement).<br />
Photo: Agence Reuters Uriel Sinai Benjamin Nétanyahou, ce week-end à la Knesset (Parlement).

Le gouvernement israélien examinait hier un nouveau gel de la colonisation en Cisjordanie, proposé par Washington en échange d'une alliance sécuritaire renforcée avec Israël, alors qu'une ONG israélienne fustigeait une accélération de la construction dans les colonies.

De retour d'une visite aux États-Unis, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a présenté au conseil des ministres une initiative américaine pour relancer des pourparlers de paix au point mort.

«Cette proposition n'est pas encore finale. Elle est en train d'être formulée par notre équipe [de négociateurs] et celle des Américains», a indiqué Nétanyahou au début de la réunion hebdomadaire.

«Quand ces propositions seront complétées, je les présenterai à l'instance gouvernementale appropriée, c'est-à-dire le cabinet de sécurité», qui compte les 15 ministres les plus importants, a précisé le premier ministre.

«De toute façon, j'insisterai pour que toute proposition réponde aux besoins sécuritaires de l'État d'Israël», a-t-il souligné.

Selon une source autorisée israélienne, les Américains ont demandé à Israël un nouveau gel limité de la colonisation de 90 jours en Cisjordanie — mais pas à Jérusalem-Est annexée — en échange d'une généreuse enveloppe de mesures de soutien politique et militaire.

«Nous n'avons eu aucune information officielle sur un gel dans les colonies de Cisjordanie», a réagi le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

Pour reprendre les discussions avec Israël, les Palestiniens exigent un arrêt total de la colonisation en Cisjordanie, mais aussi à Jérusalem-Est, où ils veulent établir la capitale de leur futur État.

Lieberman

Selon les commentateurs israéliens, le parti Likoud (droite) de Nétanyahou, principal pilier de la coalition gouvernementale, ne devrait pas s'opposer à la proposition américaine.

Mais plusieurs puissants alliés de Nétanyahou, dont le chef de la diplomatie, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, et le ministre de l'Intérieur, Elie Yishaï, chef du parti religieux Shass, sont publiquement hostiles à un autre gel de la colonisation.

Le vote devrait intervenir dans la semaine à venir. De même source, on précise que sept ministres — dont Nétanyahou — devraient l'approuver, six voter contre et deux s'abstenir.

Le conseil représentatif des 300 000 colons de Cisjordanie a estimé que «la demande de renouveler le gel est un piège dans lequel Israël ne doit pas tomber».

Le gel envisagé concernerait tous les chantiers à venir ainsi que ceux qui ont débuté le 26 septembre, à l'expiration du précédent moratoire de 10 mois. Dans un rapport publié hier, l'ONG israélienne La Paix Maintenant a fait état d'une vive accélération de la colonisation juive, rattrapant en six semaines le retard accumulé pendant les dix mois de gel limité.

Selon la source israélienne, les États-Unis ont promis à Israël qu'à l'issue de ce nouveau gel, ils ne réclameraient pas de moratoire supplémentaire.

Jusqu'à présent, Nétanyahou avait refusé toute extension d'un gel de la colonisation, ce qui a conduit au blocage des négociations de paix avec les Palestiniens, relancées le 2 septembre dernier sous l'égide des États-Unis. Afin d'obtenir d'Israël un nouveau moratoire, les États-Unis se seraient engagés à imposer leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à toute résolution anti-israélienne.

Washington s'opposerait aussi à toute tentative visant à empêcher Israël d'exercer son droit à l'auto-défense.

Toujours de source israélienne autorisée, l'administration Obama demanderait le feu vert du Congrès pour la livraison à Israël de 20 avions de combats F-35 d'une valeur de trois milliards de dollars. Enfin, les États-Unis concluraient un accord de sécurité global d'une durée de dix ans avec Israël, parallèlement à la conclusion d'un accord de paix avec les Palestiniens, en vue de répondre à ses «besoins de sécurité».

Le président américain Barack Obama a jugé «prometteur» hier l'examen par Israël de l'initiative américaine. «Je salue le premier ministre Nétanyahou pour avoir fait un geste à mon avis très constructif», a dit Obama à bord de l'avion présidentiel Air Force One, de retour vers Washington après une tournée de dix jours en Asie.

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Avec Reuters
1 commentaire
  • Gravelon - Inscrit 15 novembre 2010 08 h 31

    Echec

    On s'oriente vers l'échec de négociations qui n'avaient même pas commencé, et dont on s'apprête à imputer la faute à l'autorité palestinienne, du déjà vu. L'idée est de proposer quelque chose de tellement inacceptable de sorte que le pauvre Abbas n'aura d'autres choix que de refuser, et on dira, "on vous l'avait bien dit, les palestiniens ne savent pas profiter de l'occasion qui leur est offerte". Cette strtaégie de manipulation a bien fonctionné dans le passé, mais ne fonctionnera pas dans l'avenir. Avec l'échec de ces négociation, L'autorité palestinienne disparaitra, et un nouveau cycle de violence balayera la région, cette fois-ci, avec des extrêmistes au pouvoir en Israel.