Deux colis suspects en Grande-Bretagne et à Dubaï - Obama évoque une «menace terroriste crédible»

Fouille d’un avion cargo de la compagnie UPS à Philadelphie, hier<br />
Photo: Agence Reuters Fouille d’un avion cargo de la compagnie UPS à Philadelphie, hier

Deux colis suspects à destination des États-Unis et contenant apparemment des explosifs ont été saisis hier en Grande-Bretagne et à Dubaï accréditant la thèse d'une «menace terroriste crédible» contre le territoire américain.

Washington — Barack Obama a affirmé hier que les colis suspects interceptés à Dubaï et au Royaume-Uni constituaient «une menace terroriste crédible», assurant que les États-Unis étaient déterminés à «détruire» al-Qaïda au Yémen, pays d'où sont partis les paquets.

«Je veux tenir les Américains au courant d'une menace terroriste crédible sur notre pays», a déclaré le président à la Maison-Blanche. «Un examen minutieux de ces colis montre qu'ils contiennent apparemment des explosifs», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse convoquée en urgence.

Il a précisé que les deux paquets étaient adressés «à des lieux de culte juifs, à Chicago», son fief électoral où il est censé passer la nuit de samedi à dimanche, dans le cadre d'une ultime tournée avant les élections législatives de mardi.

Le président américain, alerté jeudi soir, a assuré avoir «ordonné que toutes les forces de police et de renseignement se mobilisent pour protéger la population d'un attentat».

Ces mesures ont conduit à la fouille de deux avions cargo de la compagnie UPS à Philadelphie et à Newark, près de New York, hier, a-t-il précisé.

L'enquête est en cours, mais le fait que les paquets aient été expédiés du Yémen orientent les soupçons contre la branche d'al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui a déjà tenté de s'en prendre aux États-Unis, en particulier lors d'un attentat raté à l'explosif contre un avion de ligne à Noël 2009 mené par un jeune Nigérian.

Umar Farouk Abdulmutallab a déclaré aux enquêteurs américains qu'il avait été formé et chargé de cette action par des activistes d'al-Qaïda au Yémen. La branche yéménite d'al-Qaïda a mené récemment des attaques contre des cibles occidentales et gouvernementales dans ce pays de la péninsule arabique.

«Nous continuons à renforcer notre coopération avec le gouvernement yéménite afin de déjouer de nouveaux attentats et de détruire la branche d'al-Qaïda», dans la péninsule arabique, a encore promis Obama, en précisant que son conseiller pour l'anti-terrorisme John Brennan avait parlé au président du Yémen Ali Abdallah Saleh.

Ce dernier a «promis la coopération pleine et entière du gouvernement yéménite dans cette enquête», a souligné le président.

Prenant ensuite la parole, Brennan a expliqué que les paquets avaient été isolés et «neutralisés», mais que les États-Unis et leurs partenaires cherchaient à déterminer si d'autres colis suspects avaient été envoyés.

«Nous avons pris des mesures pour nous assurer que les paquets en provenance du Yémen sont examinés de près», a-t-il dit. Le conseiller d'Obama a aussi promis d'aller «au bout» de l'enquête pour essayer d'identifier les commanditaires de ce «complot» et indiqué qu'aucun suspect n'avait été jusqu'ici appréhendé, à sa connaissance.

«Coup d'essai»?


Interrogé sur la possibilité que ces paquets aient constitué un «coup d'essai» pour valider une nouvelle façon de s'en prendre aux États-Unis, Brennan a estimé que «les matériaux [explosifs] qui ont été trouvés étaient destinés à porter atteinte» à des personnes et que ces «coups d'essai» n'utilisent d'habitude pas de matériaux actifs.

Il a aussi assuré que «la coopération antiterroriste avec le Yémen n'a jamais été aussi bonne». Mais «cela ne veut pas dire qu'elle ne peut pas encore s'améliorer. Elle doit encore s'améliorer», a-t-il fait remarquer.

Le conseiller a par ailleurs estimé qu'al-Qaïda «essaie d'identifier des failles dans le système et d'en profiter», insistant sur la nécessité pour les services de renseignement d'avoir toujours un coup d'avance.

Dans le cadre de cette brusque poussée de fièvre, des appareils de l'armée de l'air américaine ont escorté un avion de ligne en provenance de Dubaï et à destination de l'aéroport JFK de New York car l'appareil transportait des colis venant du Yémen. Un porte-parole du FBI a précisé qu'a priori ce vol ne présentait pas une menace.

Cette nouvelle alerte de sécurité intervient alors que les États-Unis sont entrés dans la toute dernière ligne droite de la campagne électorale des législatives, qui détermineront mardi si les alliés d'Obama conservent leurs majorités au Congrès malgré des sondages défavorables.

D'ici demain, le président doit visiter au total cinq États pour mobiliser son camp. Son porte-parole Robert Gibbs a affirmé que ce programme «ne devrait pas changer, en l'état actuel des choses». La tournée asiatique du président, prévue à partir de la fin de la semaine prochaine, n'est pas remise en question, selon la Maison-Blanche.