L’ancien ministre irakien Tarek Aziz est condamné à mort par pendaison

Tarek Aziz à la fin des années 90<br />
Photo: Archives Le Devoir Tarek Aziz à la fin des années 90

La haute cour pénale irakienne a condamné mardi l’ancien ministre des Affaires étrangères Saddam Hussein Tarek Aziz à la pendaison pour sa participation à la campagne de répression contre l’opposition politique et religieuse chiite sous le régime baasiste de Saddam Hussein.

Cette condamnation intervient un peu plus de trois mois après le transfert de Tarek Aziz à la garde des autorités irakiennes par les forces américaines.

Le porte-parole de la Haute Cour irakienne Mohammed Abdul Sahib n’a pas précisé la date de l’exécution de Tarek Aziz, 74 ans, mais il dispose de trente jours pour faire appel.

L’ancien chef de la diplomatie, seul chrétien au sein du premier cercle des fidèles de Saddam composé entièrement de sunnites, a été condamné pour avoir participé à la répression contre les membres du parti chiite Dawa, dont le Premier ministre actuel Nouri al-Maliki est membre.

Il a été condamné à 15 années de prison pour avoir participé à des déplacements forcés, à dix ans pour tortures. La peine de mort par pendaison a été déclarée par le juge Mahmoud Saleh al-Hassan pour participation à des exécutions, sans qu’on obtienne plus de précisions.

Tarek Aziz était l’un des cinq membres de l’ancien régime condamnés aujourd’hui pour des crimes similaires. Le sixième prévenu, le demi-frère de Saddam, Watban Ibrahim al-Hassan, ex-ministre de l’Intérieur, a été acquitté faute de preuves.

Tarek Aziz avait déjà été condamné à deux reprises par la Haute cour: à 15 ans pour l’exécution en 1992 de 42 commerçants coupables de bénéfices excessifs sous l’embargo, puis à sept années de prison pour le déplacement forcé de Kurdes dans le nord de l’Irak.

Dans une interview récente à l’AP, Tarek Aziz avait prédit qu’il allait mourir en prison, évoquant son âge et la durée des peines déjà prononcées contre lui.

Vêtu d’un costume bleu, seul dans le box, il a mardi baissé la tête à plusieurs reprises à l’énoncé du verdict, s’agrippant fréquemment à la barre située devant lui.

Son avocat basé en Jordanie, Badee Izzat Aref, a expliqué à l’AP qu’ils «discutaient de la question et de la prochaine décision à prendre», concernant l’opportunité de faire appel ou pas. «Cette décision est injuste et a des motivations politiques», a-t-il dénoncé. Selon lui, le gouvernement a orchestré ce verdict pour détourner l’attention des récentes révélations par le site Wikileaks sur les tortures commises par les forces de sécurité irakiennes.

Le visage de la dictature


Tarek Aziz, chef de la diplomatie puis par la suite vice-Premier ministre du régime baasiste, devint le visage de la dictature irakienne à l’étranger après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990.

Ses entretiens avec le secrétaire d’État de l’époque James Baker à Genève en janvier 1991 ne purent empêcher la première guerre du Golfe, en 1991. Il avait également rencontré le pape Jean Paul II au Vatican quelques semaines avant l’invasion américaine de mars 2003, cherchant à éviter un second conflit avec les États-Unis.

Nombre de membres de premier plan du régime de Saddam Hussein ont été exécutés depuis la chute du régime, notamment Ali al-Majid, dit «Ali le Chimique», ainsi surnommé pour le gazage de quelque 5000 Kurdes dans la ville d’Halabja en 1988.

Saddam Hussein lui-même fut exécuté par pendaison en décembre 2006, une exécution publique, filmée en vidéo, et qui choqua un grand nombre de personnes, l’ex-raïs se faisant insulter et humilier à l’heure de sa mort.

Tarek Aziz, qui s’était rendu aux Américains un mois après l’invasion de l’Irak, était détenu dans une prison américaine de Bagdad jusqu’en juillet dernier. Après son transfert sous juridiction irakienne, à la prison de Kazimiyah, sa famille s’était inquiétée pour sa santé, l’ancien ministre ayant subi plusieurs attaques depuis son arrestation.

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 26 octobre 2010 16 h 43

    Diplomate

    Depuis quand les diplomates sont-ils condamnés à mort?

  • d i a n e - Inscrite 26 octobre 2010 23 h 55

    Pendaison de Tarek Aziz?

    Encore une autre histoire|

    Pendre Tarek Aziz?... pendre Saddam Hussein ?
    Infiniment moins méchant que BUSH et sa clique: Rumsfeld, la Rice,
    et d'autres pareils à eux. Les USA et leurs représentants l sont responsables des morts et blessés des deux côtés!

    Depuis que les américains ont inventé leur histoire que l'Irak possède des "armes de destruction massive"!!! et c'était totalement f a u x !... A quand la pendaison de Bush?

    Et même en admettant que ce n'était qu'un prétexte pour
    envahir l'Irak, ils sont encore sur place!! Ils s'imposent et préparent toujours de nouveaux plans!...

    Quand les américains vont-ils cesser de vouloir contôler le monde entier? et de générer du trouble?!

    A quand l'envahissement des Etats-Unis? Peut-être plus vite qu'ils
    ne le pensent!...

  • Jokarus - Inscrit 29 octobre 2010 17 h 32

    Quoiqu'il ait fait!

    Salut à tous,
    quoiqu'il ait pu faire, cela ne mérite pas la mort!
    Pourquoi un gouvernement aurait-il le droit de vie ou de mort sur ses citoyens?
    Souhaitons qu'il soit épargné.
    Je me souviens de lui ambassadeur en France, lors de l'attaque américaine de 2003. Il pronâit la médiation.
    JE VEUX BUSH ET TOUTE SA CLQIUE AU TPI DE LA HAYES, ET AUSSI BLAIR, ACCUSÉ DE CRIME CONTRE L'HUMANITÉ.