L'ONU va favoriser le dialogue en Afghanistan

Enfants afghans hier dans la province de Helmand, théâtre des combats les plus violents en Afghanistan.<br />
Photo: Agence Reuters Finbarr O'Reilly Enfants afghans hier dans la province de Helmand, théâtre des combats les plus violents en Afghanistan.

Herat — Les Nations unies vont tenter de contribuer à une fin négociée à la guerre en Afghanistan, qui n'aura pas de solution militaire, a déclaré hier Staffan de Mistura, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU.

Ce diplomate juge que la fin du conflit est en vue même si la dernière phase des négociations est toujours la plus délicate. La solution doit en tout cas venir des Afghans eux-mêmes, a-t-il souligné.

«Nous allons faire tout notre possible pour apporter notre aide et nous ne l'évoquerons pas publiquement, car ce sont des choses dont il ne faut pas parler, mais la solution est afghane», a déclaré Staffan de Mistura à Herat, ville de l'ouest du pays où les locaux de l'ONU ont été la cible d'une attaque suicide la veille.

Cet assaut n'a fait aucune victime parmi le personnel de l'ONU. «Tout ce que nous pouvons faire, c'est souffler du vent dans les voiles si cela est nécessaire, mais il s'agit d'un bateau afghan», a insisté le diplomate.

Malgré la présence de près de 150 000 militaires étrangers, la rébellion des extrémistes islamistes gagne en puissance et se répand dans des régions d'Afghanistan autrefois pacifiées. L'année 2010 a été la plus meurtrière depuis le renversement du régime taliban par une coalition internationale conduite par les États-Unis en 2001.

Le président afghan Hamid Karzaï prône de longue date des négociations avec les talibans et cette idée semble faire son chemin parmi les pays qui le soutiennent financièrement et militairement.

Pour Staffan de Mistura, seule la discussion pourra in fine mettre un terme à la guerre.

«Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit», a-t-il dit, tout en insistant sur la fragilité d'un tel processus négocié. «Quand vous n'êtes plus très loin de parvenir à la paix, normalement, c'est le moment le plus délicat, le plus dangereux», a-t-il ajouté.

«C'est comme les derniers 500 mètres avant le sommet d'une montagne, ils sont les plus dangereux, les plus difficiles, et vous pouvez chuter, car vous voyez le sommet de la montagne, vous vous en approchez et j'ai le sentiment que c'est là où nous en sommes en Afghanistan.»

Hamid Karzaï a annoncé une prise de contact avec les talibans, sans que l'on sache exactement quel degré ces discussions ont pu atteindre.

Les talibans ont qualifié de propagande les affirmations faisant état de tels contacts.