L'Iran victime de la cyberguerre

Si le régime iranien craignait une menace extérieure, c'était celle de frappes aériennes israéliennes visant ses sites nucléaires. Ce qui explique leur extrême dispersion et la volonté de Téhéran d'acquérir à tout prix le système russe hypersophistiqué de missiles S-300. Mais le danger n'est pas venu des F-15 et F-16 israéliens. L'attaque est venue de bombes virtuelles, en l'occurrence d'un virus informatique lancé par un véritable logiciel de sabotage ultra-perfectionné.

Grâce à ce malware (logiciel d'attaque), il est possible non seulement de paralyser des systèmes informatiques, mais de provoquer des dégâts mécaniques et de détruire des installations entières. D'où le remue-ménage en cours à Téhéran où l'on évoque le spectre d'une véritable «guerre électronique» engagée par l'Occident et qui se poursuit actuellement. Si l'on en croit un haut responsable iranien, ce sont quelque 30 000 adresses IP — identifiant un ordinateur — qui ont été infectés à ce jour par Stuxnet.

Scada visé

En fait, Stunext a été découvert en juin par une société de sécurité informatique biélorusse. Son programme lui permet de rechercher dans les ordinateurs qu'il infecte un programme particulier, développé par le groupe allemand Siemens, qui contrôle des oléoducs, des plateformes pétrolières, des centrales électriques et d'autres installations industrielles. «C'est scada, le système de contrôle fourni par Siemens pour faire fonctionner les centrifugeuses qui a été visé.» Le virus ne s'est pas contenté de contrôler l'ordinateur et d'y détruire des données. Il a pris le contrôle de scada de façon sélective pour donner de mauvaises informations aux machines des centrifugeuses. Cela implique qu'en plus de connaissances informatiques, les auteurs de l'attaque ont rassemblé des renseignements précis leur permettant de contrôler scada, explique Avi Weissman, spécialiste des questions de sécurité et président du groupe de conseil See-Security. Stuxnet a principalement frappé l'Iran, et, dans une moindre mesure, l'Inde, l'Indonésie ou le Pakistan.

Même si aucun responsable iranien n'a fait allusion à une possible contamination des installations nucléaires, c'est, semble-t-il, le centre d'enrichissement de Natanz, où se trouve l'essentiel des 8000 centrifugeuses iraniennes, qui a été la principale cible de la cyberattaque. «La mise en place de cascades de centrifugeuses de Natanz est une opération très sophistiquée qui requiert des programmations informatiques, aussi je ne serais pas surpris s'il y avait un 'set-up' sophistiqué qui soit vulnérable» à un tel sabotage, indiquait hier Mark Fitzpatrick, un expert de l'International Institute for strategic studies, cité par le Financial Times. [...]

Washington et Tel-Aviv

Après cette offensive informatique, qui n'est certes pas la première, mais dont l'ampleur est sans précédent, tous les regards se tournent vers Washington et Tel Aviv, dont l'hostilité envers le programme iranien est manifeste et dont le gouvernement a d'ailleurs défini la cyberguerre comme une priorité nationale; l'armée israélienne dispose d'ailleurs d'une unité spécialisée dans les cyberattaques. «Il s'agit de l'unité 8200. Il est possible qu'elle ait reçu l'aide de l'Allemagne. Siemens a en effet fourni les systèmes de contrôle des installations nucléaires iraniennes. C'est d'ailleurs un expert allemand qui a fait sortir l'histoire après avoir entendu parler de dysfonctionnements à Natanz», souligne Yossi Melman, spécialiste questions technologiques et militaires du quotidien Haaretz.

«La paternité d'Israël n'est pas encore remontée à la surface, souligne de son côté Michel Makinovsky, un expert français sur l'Iran. Mais il est évident que les Israéliens, plus que Washington, sont prêts à payer le prix politique d'une telle opération. On assiste, ajoute-t-il, au premier round d'une guerre informatique. Dès lors, une question se pose: de quels moyens les Iraniens disposent-ils pour lancer une contre-offensive? On sait qu'ils disposent d'une cyberarmée contrôlée par les gardiens de la révolution.» Ceux-ci sont d'ailleurs suspectés d'avoir provoqué, à la suite d'un différend avec Pékin, le sabotage de l'un des principaux moteurs de recherche chinois.

Des dégâts

Après cette «ronde d'observation», il est cependant difficile de mesure l'étendue des dégâts infligés au potentiel nucléaire iranien. On sait par l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) que seules la moitié des 8000 centrifugeuses iraniennes sont actuellement en état de fonctionner. Est-ce à mettre au compte du «sabotage informatique» ou du retard technologique de Téhéran en ce domaine?

Même si la cyberguerre fait appel aux technologies les plus élaborées, l'élément humain est pourtant au coeur de l'opération. Les ordinateurs sensibles de l'Iran, comme ceux des autres pays n'étant pas connectés à Internet, il a fallu une «petite main» pour implanter le virus dans le coeur du programme nucléaire iranien.
5 commentaires
  • Ingeborg Metag - Inscrit 30 septembre 2010 07 h 08

    Des hypocrités trompeurs puplics!

    Déjà l'introduction de votre article laisse consoldier le degré de dureté, que les Iraniens non seulement dans des armes atomiques mais aussi dans le cyberspace et déjà depuis des longs, se propager.
    Aucune feinte de n'aide à l'aide de l'Union de l'Europénne et cetera là non plus, qui fournie faits de constations et-ou consoldier de restant.
    A mon avis, nous sommes sur les bon chemin des de domage tirér de l'opera de savon de feinte au clair sans tous humains d'aversions de toute espéce que cependant, vous utilisez vous meme avec plaisier.
    Salue d'Ingeborg Metag de MG

  • Ingeborg Metag - Inscrit 30 septembre 2010 07 h 09

    Tromperie


    Aucune feinte n'aide à l'aide de l'Union Europénne et cetera là non plus, qui fournit faits des constatations et-ou consolider le restant

  • Gravelon - Inscrit 30 septembre 2010 12 h 19

    ???

    Je n,ai rien compris au message d'Ingeborg, et je ne comprend comment le Dveoir peut publier de tels messages.

  • Ingeborg Metag - Inscrit 30 septembre 2010 15 h 30

    L'Internet, étiquette

    Aucune insulte dans le cyberespace, vous observez l'étiquette d'Internet ou vous êtes avec votre nom réel sur cela quoi vous comme écriture, si votre traduction en ligne ne fonctionne pas correctement.
    Cela ne m'arrive bizarrement que sur les côtés canadiens

  • martin grenier - Inscrit 23 octobre 2010 10 h 13

    israel

    Plus hypocrite que les us et israel il y en n'a pas peut etre les russes
    grenier.martin@videotron.ca