La pression augmente sur Israël

New York — Le Quartette pour le Proche-Orient a ajouté hier sa voix à la pression internationale pour qu'Israël prolonge le moratoire sur la colonisation en Cisjordanie, alors que les Palestiniens insistaient sur une phase «décisive» pour le dialogue de paix.

Le Quartette (États-Unis, UE, ONU et Russie) «note que le louable moratoire israélien sur la colonisation institué en novembre dernier a eu un impact positif, et invite instamment à le poursuivre», écrit le groupe dans un communiqué publié après sa réunion en marge de l'assemblée générale de l'ONU.

Le groupe invite Israéliens et Palestiniens à «trouver le moyen d'assurer la poursuite constructive des négociations», et «appelle la communauté internationale à soutenir leurs efforts».

Les Palestiniens ont prévenu que le dialogue direct, qui a repris le 2 septembre, prendrait fin si la colonisation reprenait. Le moratoire partiel décidé par Israël expire en principe dimanche, bien que l'armée israélienne ait fixé pour sa part l'échéance au 30 septembre.

«Les dix prochains jours seront décisifs et détermineront le sort des négociations directes avec Israël», a dit le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

Israël refuse jusqu'à présent de prolonger formellement le moratoire, mais pourrait se montrer ouvert à un compromis. Danny Ayalon, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, a ainsi évoqué hier la possibilité d'une solution de «juste milieu».

Selon une source israélienne, Yitzhak Molcho, principal conseiller de M. Nétanyahou dans la négociation, et le négociateur palestinien Saëb Erakat se sont entretenus hier à l'ONU.

Washington a placé tout son poids diplomatique dans la reprise du dialogue direct, célébrée le 2 septembre par le président Barack Obama entouré de MM. Abbas et Nétanyahou, après de longs mois d'efforts.

Une prolongation du moratoire, espère-t-on à Washington, pourrait permettre aux deux parties de résoudre la question des frontières entre Israël et le futur État palestinien.
2 commentaires
  • lephilosophe - Inscrit 22 septembre 2010 08 h 41

    Et le blocus de Gaza?

    En mettant tout le focus sur le moratoire, le Quartette et les États-Unis montrent bien que ce qui se concocte en coulisses c'est la création d'une «administration quasi-étatique» en Cisjordanie seulement. Actuellement l'Autorité palestinienne contrôle à peine 40% du territoire de la Cisjordanie, c'est-à-dire que la «Palestine» est réduite à 10% de ce que prévoyait le plan de partage de l'ONU de 1948. Toute cette agitation a en fait deux visées: il faut donner quelque chose à Abbas afin de maintenir ce «collaborateur» en place pour creuser la division des Palestiniens entre eux. Ignorer l'immoral et illégal blocus de Gaza, dont les organisations humanitaires réclament à grands cris la levée, va dans le même sens. On focalise sur la seule Cisjordanie.
    Mais dans la perspective d'un affrontement plus important au Moyen-Orient, — on pense évidemment à l'Iran, — il faudra avoir au moins «neutraliser» les Palestiniens, et la division en est le plus vieux truc du monde...
    À ce propos: Abbas, est-ce la traduction arabe de Pétain?

    Bernard Gadoua

  • Gravelon - Inscrit 24 septembre 2010 16 h 02

    En effet

    Tout à fait d'accord, plus encore. L'idée est de montrer la bonne volonté d'Israel, de dire que voilà, Israel a fait une concession majeure, le prochain à le faire doit être Abbas, en grugeant le territoire ou en reconnaissant le caractère juif d'israel. En cas de refus, on se dépêchera de souligner la mauvaise volonté des palestiniens. Bref, c'est l'éternel recommencement.
    Mais comment peut-on négocier le partage d'une tarte quand un des négociateurs est en train déjà de la manger? Le gel des colonies ne doit pas être vue comme un compromis, mais plutôt comme une geste témoignant du sérieux de celui qui veut négocier.