Justice iranienne - Aveux «forcés» d'une femme qui risque d'être lapidée à mort

Londres — Deux avocats d'une Iranienne condamnée à mort par lapidation en Iran ont affirmé hier que leur cliente avait fait des «aveux» sous la contrainte à la télévision d'État sur son implication dans le meurtre de son époux.

L'avocat Houtan Kian a déclaré au quotidien britannique The Guardian que Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une mère de deux enfants âgée de 43 ans, avait été forcée de donner cette interview enregistrée à la prison de Tabriz, où elle est détenue depuis deux ans.

Dans cet «aveu», une femme enveloppée d'un tchador noir et présentée comme Sakineh Mohammadi-Ashtiani reconnaît qu'un homme avec qui elle était intime avait tué son mari en sa présence. Mais cette «confession» a été obtenue sous la contrainte, assure l'avocat. «Elle a été frappée violemment et torturée jusqu'à ce qu'elle accepte d'apparaître face à la caméra», a-t-il affirmé.

Me Kian a fait part de craintes grandissantes que les autorités mettent en oeuvre rapidement son exécution, dont l'annonce avait suscité

une vague d'indignation dans le monde. La justice iranienne a annoncé le 11 juillet la «suspension pour des raisons humanitaires» du verdict de lapidation.

Un autre avocat de l'Iranienne, Mohammad Mostafaie, qui se trouve actuellement en Norvège, a également estimé, dans une interview à BBC World News, que les déclarations avaient été faites «sous la contrainte».

Évoquant l'émission de la télévision iranienne qui a diffusé «l'aveu», l'avocat a ajouté: «à mon avis, cette émission est produite par les services de sécurité, en particulier le ministère de l'Information. Ils diffusent principalement des mensonges et de la désinformation». L'avocat a cependant dit être certain que sa cliente sera relâchée.

Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a souligné la «profonde préoccupation» de Londres face à ces accusations. «Nous avons exhorté les autorités iraniennes à réexaminer son dossier et nous les avons appelées à respecter les obligations internationales en matière de droits de l'Homme», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Mme Mohammadi-Ashtiani a été condamnée en 2006 initialement pour avoir eu «une relation illégale» avec deux hommes après la mort de son mari. La semaine dernière, un haut responsable judiciaire iranien, Mossadegh Kahnemoui, avait assuré que «cette femme en plus d'un double adultère, avait été également reconnue coupable de complot pour tuer son mari. Son affaire est toujours en cours d'examen et rien n'a été décidé pour l'instant».
1 commentaire
  • d i a n e - Inscrite 13 août 2010 14 h 10

    Tous les moyens sont bons...

    Tous les moyens sont bons pour faire paraître que les gens de ce pays sont des bourreaux pour les femmes!...

    Surtout lorsque les Québécois(e)s lisent cela - et dont une bonne majorité n'ont plus aucune moralité,,, - non conscients qu'ils s'enfoncent un peu plus chaque jour... : sexe, drogue (surtout!), traîtrises, aucun respect de la parole donnée, coupe-cou, menteurs, voleurs, vendus, et j'en passe!
    Pendant on nous coupe l'herbe sous les pieds et on nous enlève un peu plus notre Québec et ce - à chaque jour!... nous?
    Nous approchons un peu plus de la "bête" !...