L'arrivée du général Petraeus en Afghanistan est bien accueillie au Canada

Le départ du commandant de l'OTAN en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, ne devrait pas changer la direction de la mission dans ce pays, ni le travail des 2900 soldats canadiens qui opèrent à Kandahar.

Le président Barack Obama a démis mercredi le général Stanley McChrystal de ses fonctions après les propos explosifs qu'il a tenus dans la presse, où il critiquait l'administration Obama. Washington a nommé le général David Petraeus, actuellement commandant des Forces américaines en Irak et en Afghanistan, pour remplacer McChrystal.

Petraeus, qui était le supérieur de McChrystal, est l'homme derrière la stratégie en cours en Afghanistan. «La transition sera facile, car c'est quelqu'un qui était non seulement d'accord avec la stratégie, mais c'est lui qui l'a mis au monde», a affirmé au Devoir le colonel à la retraite Alain Pellerin, directeur de la Conférence des associations de la défense, à Ottawa.

Même son de cloche de la part du ministre de la Défense, Peter MacKay. «Ce changement n'aura aucune répercussion sur les opérations des Forces canadiennes», a-t-il dit par voie de communiqué.

Expérience irakienne


La nouvelle stratégie de contre-insurrection qui prend forme en Afghanistan provient en grande partie de l'expérience américaine en Irak, où le «surge» appliqué en 2007 a permis de faire diminuer la violence de 90 %. L'homme derrière cette stratégie, c'est David Petraeus. Et l'OTAN tente d'appliquer le même scénario en Afghanistan.

De passage à Ottawa en mars dernier, le général américain avait expliqué que le «surge» irakien repose avant tout sur des idées neuves, et non pas sur le succès des opérations, qui est venu plus tard. «Notre trouvaille, ç'a été de se concentrer sur les gens, sur la population, et d'arrêter de chasser les méchants partout. On est sorti de nos bases militaires et on a vécu avec les gens, 24 heures sur 24, sept jours sur sept», a-t-il dit.

L'objectif était simple, mais contre-intuitif pour une armée habituée à s'imposer. «Le coeur de la stratégie, c'était de gagner la confiance des citoyens, dit-il. Pour ça, il fallait comprendre leur culture, leur mode de vie et partager leur quotidien. Il fallait être aussi motivé à apprendre d'eux que nous l'étions à les aider. Ensuite, on a bâti sur cette confiance mutuelle pour faire des gains, secteur par secteur.»

À Kandahar, où se trouvent les soldats canadiens, on applique cette stratégie depuis l'été dernier. Les militaires ont quitté leurs bases renforcées pour prendre place dans les petits villages un peu partout dans la province. Le niveau de violence n'a toutefois pas baissé.