Gaza: Israël maintiendra son blocus en dépit des pressions internationales

Affrontements entre des manifestants venus dénoncer le raid des militaires israéliens contre la flottille chargée d’aide humanitaire à destination de Gaza et les forces policières de la capitale turque, hier, devant la résidence de l’ambassadeur d’Israël à Ankara, Gabby Levy. Plus tôt, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait qualifié l’assaut de «massacre sanglant», d’«attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine» demandant qu’Israël soit «puni» pour son «opération inhumaine». L’attaque aurait fait neuf morts, dont au moins quatre Turcs, aux aurores lundi.
Photo: Agence Reuters Umit Bektas Affrontements entre des manifestants venus dénoncer le raid des militaires israéliens contre la flottille chargée d’aide humanitaire à destination de Gaza et les forces policières de la capitale turque, hier, devant la résidence de l’ambassadeur d’Israël à Ankara, Gabby Levy. Plus tôt, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait qualifié l’assaut de «massacre sanglant», d’«attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine» demandant qu’Israël soit «puni» pour son «opération inhumaine». L’attaque aurait fait neuf morts, dont au moins quatre Turcs, aux aurores lundi.

Au-delà de l'arraisonnement d'une flottille en Méditerranée, la communauté internationale a critiqué hier le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, encerclement que les militants propalestiniens ont d'ailleurs promis de forcer de nouveau à brève échéance.

Même si l'assaut donné à un navire turc par des commandos de la marine israélienne a fait au moins neuf morts lundi avant l'aube, le mouvement Free Gaza a annoncé hier que deux autres bâtiments allaient tenter de ravitailler le territoire palestinien la semaine prochaine. «Cette initiative ne s'arrêtera pas», a lancé une porte-parole de l'association, Greta Berlin, précisant qu'un navire avait déjà quitté les côtes italiennes et qu'il serait bientôt rejoint par un second bâtiment. «Nous pensons qu'Israël trouvera un peu de sens commun. Ils devront cesser le blocus de Gaza et l'une des façons d'y parvenir est que nous continuions à envoyer des bateaux.»

Le gouvernement israélien a cependant indiqué qu'il ne changerait pas sa politique, qui consiste à exiger que l'aide humanitaire à Gaza passe par des canaux qu'il contrôle lui-même ou que l'Égypte voisine surveille généralement à sa satisfaction.

Israël justifie ces mesures par la nécessité d'empêcher la livraison d'armes dans la bande de Gaza, qui est contrôlée par le mouvement islamiste Hamas depuis l'été 2007 et d'où plusieurs roquettes ont été tirées vers des villes israéliennes au cours des dernières années.

Dans le climat qui règne depuis la triste nuit de dimanche à lundi, le président égyptien, Hosni Moubarak, a ordonné hier l'ouverture pour quelques jours du point de passage entre son pays et l'enclave palestinienne, à Rafah, afin de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et le transfert de malades devant être opérés dans des hôpitaux bien équipés.

Conseil de sécurité

Dans la nuit de lundi à hier, le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'était réuni à la demande la Turquie, a exhorté, dans une déclaration non contraignante, l'État juif à conduire une enquête «transparente, crédible, impartiale et rapide» ainsi qu'à libérer les six navires et les personnes détenues à la suite de l'abordage de la «flottille de la paix».

Le Conseil a donc rejeté les nombreux appels à une enquête internationale. En revanche, il a exprimé son inquiétude quant à la situation humanitaire qui prévaut dans la bande de Gaza. Le communiqué diffusé par l'instance onusienne rappelle que les Nations unies ont, à plusieurs reprises dans le passé, fait part de leurs préoccupations «quant à l'entrée insuffisante de matériel pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction».

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU et la Ligue arabe ont organisé hier des réunions pour discuter du raid israélien.

Israël, qui avait averti qu'il empêcherait la flottille de se rendre jusqu'à Gaza, accuse les militants d'avoir déclenché les violences lundi en attaquant ses commandos avec des couteaux et des barres de fer. Les organisateurs de l'opération d'aide ont quant à eux affirmé que les militaires avaient ouvert le feu sans justification.

Des critiques en Israël


Même si l'on y perçoit assez peu de sympathie envers les militants propalestiniens, que les autorités ont accusés d'être de mèche avec le Hamas, voire avec al-Qaïda, la presse et certains politiciens en Israël s'interrogent sur les préparatifs de l'opération de commandos.

Le chef de l'état-major, le général Gabi Ashkénazi, a dû reconnaître que ces derniers étaient mal équipés, tandis que le commandant de l'opération, dont l'identité n'a pas été révélée, a déclaré ne pas s'attendre «à une telle résistance de la part des activistes [...], puisque nous parlions d'une organisation d'aide humanitaire».

Certains quotidiens ont réclamé la démission du ministre de la Défense, Éhoud Barak, mais dans l'ensemble, les éditoriaux et les commentaires sont loin de refléter les critiques qui fusent à l'étranger, quelques textes du quotidien de gauche Haaretz faisant toutefois exception.

Certains intellectuels israéliens de premier plan se sont montrés très critiques. «Nous nous plaçons nous même en état de siège international, ce qui est plus dangereux pour nous que le blocus de Gaza ne l'est pour les Gazaouis», a par exemple déclaré l'écrivain Amos Oz à la radio de Tsahal, comparant son pays à l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid.

En Turquie, le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a demandé au président américain d'agir avec plus de fermeté avec son allié israélien. Lundi, Barack Obama s'était contenté de déplorer les pertes de vies humaines et de réclamer des explications au premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Depuis deux jours, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, condamne dans des termes très durs le raid israélien qui a coûté la vie à plusieurs de ses compatriotes.

Enfin, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a révélé hier que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, entend poursuivre les négociations indirectes récemment entamées avec ses interlocuteurs israéliens.

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Avec l'Agence France-Presse
35 commentaires
  • Thief1337 - Inscrit 2 juin 2010 02 h 27

    Israël a de misérables faux-fuyants.

    Les actions d'Israël sont justifiées par les médias comme étant une légitime défense contre des attaques avec des barres de métal et des couteaux. Cependant, le président Turc confirme et déclare que le bateau fut vérifié entièrement pour s'assurer qu'il n'y aie pas d'armements avant que l'expédition ne commence.

    Et où est la logique dans le raisonnement présenté par le point de vue israélien ? Une légitime défense ? Des assassins israéliens vêtus de costumes pour commandos, armés de fusils sophistiqués et venus par hélicoptère viennent siéger un bateau d'aide humanitaire composé d'activistes humanitaires sans défense dans les eaux internationales. Le mieux qu'ils ont trouvés étaient des tournevis, des couteaux de cuisine, des barres de métal, des pinces - tout ce qu'on trouvera à bord de n'importe quel bateau sur mer.

    Obama et Harper, en dépit de la menace lancée par Israël, n'ont apporté aucun geste et ont laissé délibérément cet assaut se produire. C'est une preuve évidente de la complicité entre Israël et l'Amérique.

    Et il faut encore croire qu'il y a des Québécois qui supportent les actions de cet État raciste ! Sommes-nous réellement endormis à ce point ?

    Enough is enough.

  • jacques noel - Inscrit 2 juin 2010 06 h 26

    Encore les Islamistes

    Hier, RC nous montrait les conjointes des "marins", restées en Turquie. Des Palestiniennes portant toutes le hidjab.
    Quand j'étais allé à Gaza en 1982, y'avait très peu d'hidjabs. Depuis, le Hamas et les Iraniens ont fait la job...

  • Gilles Bousquet - Inscrit 2 juin 2010 07 h 04

    Un blocus pour affamer l'adversaire et ses enfants

    Ce n'est pas parce que les femmes palestiniennes portent le hidjab que les Israéliens peuvent se donner le droit de bloquer et d'affamer les Palestiniens de Gaza.

    Le blocus israélien vaut pour une longue liste de matériel dont le chocolat et les jouets. Ça donne une idée du genre d'humains israéliens qui ont décidé de punir les enfants palestiniens.

  • Sanzalure - Inscrit 2 juin 2010 07 h 07

    Blocus illégal

    Israël n'a pas le droit de bloquer l'aide humanitaire peu importe le prétexte. C'est clair qu'ils veulent voler le territoire de la Palestine comme ils ont volé la majeure partie du territoire qu'ils occupent maintenant. Si les autres pays veulent aider les palestiniens, ils n'ont pas le droit de s'interposer. Le Canada devrait fournir une escorte militaire à l'aide internationale. Mais les groupes humanitaires ont plus de couilles que les politiciens.

    Serge Grenier

  • Roger Lapointe - Inscrit 2 juin 2010 07 h 25

    L'obectif ultime d'Israel:faire disparaitre toute trace de la Palestine Arabe.

    Il est de plus en plus manifeste que l'objectif ultime de l'État compresseur Israélien est de faire disparaitre toute trace de la Palestine Arabe et le meilleur moyen, le plus efficace est d'affamer, de mettre à genoux le peuple Palestinien de Gaza.
    Après avoir détruit tout ce qui pouvait faire le quotidien des Palestiniens de Gaza pour survivre dans un climat moins hostile, l'armée Israélienne poursuit sa misérable tâche en frappant sans ménagement des activistes humanitaires dans des eaux internationales avec le soutien tacite des USA et Canada principalement. Notre État fédéral, de plus en plus fantoche regarde avec désinvolture la lente agonie d'un peuple dans sa État-prison et Harper de s'en féliciter de par son attitude de complète indifférence.