Pour l'Occident, le «problème iranien» demeure entier

Flanquant le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad (au centre), le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, et le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, avaient fait le déplacement jusqu’à Téhéran.
Photo: Agence Reuters Morteza Nikoubazl Flanquant le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad (au centre), le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, et le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, avaient fait le déplacement jusqu’à Téhéran.

Paris — Les Occidentaux se montraient circonspects hier après la signature d'un accord sur l'enrichissement d'uranium entre l'Iran le Brésil et la Turquie, voulant maintenir la pression sur Téhéran pour régler le «problème» du programme nucléaire iranien.

L'annonce de l'accord, qui prévoit l'échange en Turquie d'uranium faiblement enrichi iranien contre de l'uranium enrichi à 20 % destiné à un réacteur de recherche à Téhéran, est intervenue alors que les Occidentaux cherchent à faire adopter aux Nations unies des sanctions renforcées contre Téhéran, soupçonné de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de nucléaire civil.

Les ministres turc et brésilien des Affaires étrangères, dont les pays sont actuellement membres non-permanents du Conseil de Sécurité, ont estimé après avoir signé l'accord qu'il ne devrait plus être question de renforcer les sanctions. Mais plusieurs pays occidentaux entendaient visiblement maintenir la pression, à commencer par Washington, ardent promoteur de sanctions à l'ONU.

Les États-Unis ont souligné hier avoir «toujours de graves inquiétudes» sur le dossier nucléaire iranien et que l'accord ne remettait en cause, ni ne ralentissait leur quête de nouvelles sanctions contre la République islamique.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, s'est toutefois gardé de catégoriquement rejeter la proposition négociée par deux importants pays émergents, soulignant qu'elle devrait être «soumise à l'Agence internationale de l'énergie atomique [AIEA] avant qu'elle puisse être évaluée par la communauté internationale».

Le département d'État a ensuite annoncé que les États-Unis allaient «consulter largement» dans les prochains jours, y compris la Turquie et le Brésil, au sujet de l'accord.

L'AIEA a de son côté demandé à l'Iran de confirmer l'accord par écrit.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, a souhaité par la voix du président Dmitri Medvedev, «une courte pause» afin de «mener des consultations immédiates avec toutes les parties intéressées y compris l'Iran». Moscou, soutien traditionnel de l'Iran, a dernièrement nettement durci le ton avec Téhéran. La Chine, autre membre permanent du Conseil de sécurité et toujours réticente à l'idée de sanctions contre l'Iran, n'a pas immédiatement réagi.

Plus tôt, les alliés européens de Washington avaient affiché leur scepticisme, Paris soulignant qu'une «solution à la question du [réacteur de recherche civil iranien] TRR, le cas échéant, ne règlerait en rien le problème posé par le programme nucléaire iranien».

«L'Iran reste une sérieuse source d'inquiétude», avait insisté le sous-secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères Alistair Burt, assurant qu'il fallait «continuer» d'oeuvrer à l'ONU pour des sanctions. Même tonalité à Berlin, où le porte-parole adjoint du gouvernement, Christoph Steegmans, a estimé qu'un accord avec l'AIEA «ne peut pas être remplacé par un accord avec d'autres pays».

L'accord «ne répond que partiellement aux questions qu'ils [l'AIEA] ont soulevées», a pour sa part jugé la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton. L'ONU a jugé cet accord «encourageant» tout en soulignant que les résolutions du Conseil de sécurité devaient être appliquées.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a salué l'accord, tout comme le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui ont même fait le déplacement àe Téhéran.
2 commentaires
  • martin grenier - Inscrit 18 mai 2010 08 h 32

    iran

    tout les pays ont droit a des bombes mais pas l'iran o k les boys
    réveiller vous on peut massacrer les palestiniens ça c'est pas grave
    grenier.martin@videotron.ca

  • Jacques Légaré - Inscrit 18 mai 2010 09 h 05

    À deux pas du désespoir



    Trop de cuisiniers gâtent la sauce. C'est d'autant plus tragique que tous les cuisiniers passés et actuels ne se sont jamais lavé les mains...

    Dossier sans issue tant que tous les protagonistes n'ont pas changé pour certains leur philosophie politique Iran, Israël), pour d'autres leur politique étrangère (USA, et autres pays occidentaux les appuyant).

    À deux pas du désespoir, bouche-nous les oreilles avant que tout n'éclate.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique, né 1948,
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie
    http://oeuvres-de-jacques-legare.iquebec.com/