Les résultats des législatives irakiennes remis en cause

Bagdad — Les suffrages exprimés en faveur de 52 candidats aux élections législatives du 7 mars en Irak ont été invalidés, ce qui pourrait modifier l'issue du scrutin, remporté de justesse par la liste Irakia de l'ancien premier ministre Iyad Allaoui.

Ce dernier a annoncé hier soir qu'il avait demandé aux avocats de son parti de faire appel de l'invalidation des résultats. «Nous sommes très préoccupés par certains groupes qui contrôlent le processus politique en Irak», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Ankara.

Il avait jugé un peu plus tôt que ces développements soulignaient la nécessité d'avoir des observateurs étrangers sur le terrain. «Il est grand temps que les Nations unies interviennent pour faire en sorte que le processus politique fonctionne», avait-il dit après avoir été reçu par le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

La liste Irakia qu'il dirige a obtenu 91 des 325 sièges parlementaires, soit deux de plus que l'État de droit (EDD) du chef du gouvernement sortant, Nouri al Maliki.

Mais la victoire de l'un de ses candidats élus lors du scrutin du 7 mars a été annulée par la commission de révision pour ses liens supposés avec le parti Baas de Saddam Hussein, dissous.

Selon plusieurs membres de la liste d'Allaoui, cette décision ne devrait toutefois pas remettre en cause leur victoire électorale, dans la mesure où le code électoral irakien autorise le remplacement d'un candidat jugé inéligible par un autre représentant du même parti.

Dans le cas contraire, tout revers parlementaire d'Irakia risque de raviver la colère de la minorité sunnite, qui a largement soutenu la liste laïque d'Allaoui.