Après trois jours de mission au Proche-Orient - Mitchell revient bredouille

Jérusalem — L'émissaire américain George Mitchell a achevé hier une mission de trois jours au Proche-Orient sans enregistrer de progrès significatifs en vue d'une reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Dans un communiqué, Mitchell, qui a prévu de revenir dans la région dès la semaine prochaine, indique toutefois avoir eu «des entretiens positifs et productifs» avec les dirigeants des deux camps.

L'envoyé de la Maison-Blanche précise poursuivre ses efforts «afin d'améliorer l'atmosphère en faveur de la paix et pour instaurer des discussions de proximité», expression qualifiant des négociations indirectes sous médiation américaine. Présentant à son gouvernement un compte rendu de ses entretiens avec George Mitchell, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a déclaré que l'on saurait bientôt si les négociations de paix suspendues depuis l'intervention de Tsahal dans la bande de Gaza en décembre 2008 peuvent reprendre.

Nétanyahou n'a donné aucun signe visible de céder aux exigences palestiniennes et américaines d'arrêter les constructions pour les colons juifs dans la partie orientale de Jérusalem, territoire occupé depuis 1967.

De source palestinienne, on indique que George Mitchell a présenté un compromis dans lequel les Palestiniens participeraient aux discussions de proximité en échange d'un accord non écrit de Washington de dénoncer publiquement le camp qui compromettrait ces négociations.

La proposition envisagerait une situation dans laquelle Israël reporterait discrètement le lancement des projets de constructions dans Jérusalem-Est et aux alentours, sans prononcer un gel qui provoquerait la colère de la frange extrémiste de la coalition gouvernementale.

Les Palestiniens, qui souhaitent que Jérusalem-Est devienne la capitale d'un futur État composé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, réclament un gel des activités de peuplement comme condition de leur retour à la table des négociations.

Israël considère que la ville de Jérusalem forme une entité unique et qu'elle est la capitale de l'État hébreu, situation qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

S'adressant à ses ministres, Nétanyahou a indiqué qu'Israël et les États-Unis veulent «entamer immédiatement un processus de paix» et a dit espérer que les Palestiniens poursuivent le même objectif.

«Nous saurons dans les prochains jours si ce processus va s'engager. J'espère que cela sera le cas», a-t-il dit lors du conseil des ministres. «Les discussions avec les États-Unis et avec leur représentant ont été très positives.»

Dans son communiqué, George Mitchell précise que son adjoint, David Hale, va rester sur place et travailler à préparer sa nouvelle visite la semaine prochaine.

Samedi, le président palestinien Mahmoud Abbas avait appelé Barack Obama à imposer une solution au conflit proche-oriental prévoyant la création d'un État indépendant pour les Palestiniens.

Selon la presse, le président américain étudierait la possibilité de faire une proposition qui dessinerait les contours d'un accord de paix final, mais une telle offre susciterait certainement l'opposition d'Israël qui insiste sur une solution négociée au conflit.

Des conseillers d'Abbas ont suggéré la possibilité d'une rencontre avec Obama à Washington le mois prochain bien qu'aucune invitation n'ait été lancée.