Froid entre Israël et Washington - Nétanyahou rencontrera Obama

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était de passage hier dans la bande de Gaza.
Photo: Agence Reuters Mahmud Hams Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était de passage hier dans la bande de Gaza.

Jérusalem — Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, rencontrera demain à Washington le président américain, Barack Obama, au moment où les États-Unis tentent de relancer le processus de paix, avec en toile de fond des violences en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

L'invitation a été remise à M. Nétanyahou par l'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, en mission hier en Israël, selon le bureau du premier ministre.

M. Nétanyahou devait partir hier soir pour Washington, où il participera aujourd'hui au Congrès annuel de l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le principal lobby juif américain. Il sera aussi reçu par la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Washington s'efforce depuis des mois de remettre sur les rails le processus de paix, interrompu depuis fin 2008.

M. Mitchell doit de son côté s'entretenir aujourd'hui avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en Jordanie avant de regagner son pays. Il devait lancer récemment des négociations indirectes, dites «de proximités», entre Israéliens et Palestiniens, mais celles-ci ont avorté après le feu vert d'Israël à la construction de 1600 logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est annexée.

Cette annonce a provoqué un sérieux coup de froid diplomatique avec les États-Unis, la communauté internationale ne reconnaissant pas l'annexion de Jérusalem-Est, à majorité arabe et conquis par Israël en juin 1967.

En visite à Jérusalem, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé qu'il encouragerait les pays arabes à soutenir le processus de dialogue indirect entre Palestiniens et Israéliens, à l'issue d'un entretien avec M. Nétanyahou.

M. Ban s'était auparavant rendu dans la bande de Gaza, où il a réitéré son appel à la levée du blocus israélien.

«J'ai dit clairement et de manière répétée aux dirigeants israéliens que leur politique de bouclage n'était pas tenable et qu'elle était mauvaise», a-t-il déclaré lors d'une visite à Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne.

«Elle inflige des souffrances humaines inacceptables à la population de Gaza. Elle affaiblit les modérés et donne du pouvoir aux extrémistes», a-t-il ajouté.

La bande de Gaza, un territoire surpeuplé (1,5 million d'habitants, dont 85 % dépendent de l'aide internationale), vit sous embargo israélien depuis juin 2007.

En Cisjordanie, la tension est vive. Quatre Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne en 24 heures près de Naplouse, dont deux hier qui avaient tenté de poignarder un soldat, selon l'armée.

«L'escalade israélienne et l'assassinat quotidien de Palestiniens sont le message de l'actuel gouvernement israélien aux Arabes et aux efforts américains», a accusé Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de M. Abbas.

Il a également accusé M. Nétanyahou d'entraver la reprise du dialogue par sa politique de colonisation à Jérusalem-Est.

Le premier ministre israélien a répété hier que la politique de construction dans la Ville sainte était «la même qu'à Tel-Aviv». «Nous continuerons de construire à Jérusalem, comme nous l'avons fait depuis 42 ans», a-t-il souligné.

Ces déclarations «n'aident pas à la reprise des négociations», a rétorqué M. Abou Roudeina.

Toutefois, selon les médias israéliens, M. Nétanyahou serait prêt à des gestes de bonne volonté envers les Palestiniens à la demande des États-Unis, comme la libération de prisonniers et l'assouplissement du blocus de la bande de Gaza.

M. Ban, qui n'a pas vu M. Mitchell au cours de sa visite, devait quitter Israël pour New York en début de soirée.