Le Quartette condamne la colonisation israélienne

Arrestation par Tsahal d’un jeune Palestinien près de Jérusalem
Photo: Agence France-Presse (photo) Arrestation par Tsahal d’un jeune Palestinien près de Jérusalem

Les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et les Nations unies exhortent le gouvernement de Benjamin Nétanyahou à décréter un gel des activités de colonisation sur tout le territoire israélien, pointant du doigt le projet de construction de 1600 nouveaux logements pour des Juifs à Jérusalem-Est.

«Le Quartette exhorte le gouvernement israélien à geler toutes les activités de colonisation, y compris [celles destinées à] la croissance démographique naturelle, de démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s'abstenir de procéder à des démolitions et à des expulsions à Jérusalem-Est», a affirmé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui doit se rendre au cours du week-end à Gaza, en Cisjordanie et en Israël.

Nabil Abou RdaJinah, un conseiller du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'est félicité hier de «la déclaration très importante [du] Quartette [qui est] parfaitement conforme à la position palestinienne et arabe». «Il est d'une importance cruciale qu'Israël s'y conforme pour que le processus de paix puisse reprendre», a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères d'Israël, Avigdor Lieberman, a quant à lui rejeté l'appel du Quartette à arrêter la colonisation, estimant qu'il «éloignait les perspectives de paix» avec les Palestiniens. «On ne peut pas imposer artificiellement un règlement et un calendrier irréaliste. Cela ne fait qu'éloigner les perspectives de paix», a-t-il déclaré, hier, à une assemblée juive à Bruxelles.

Le projet israélien, annoncé la semaine dernière lors de la visite du vice-président des États-Unis, Joe Biden, en Israël, avait insulté la secrétaire d'État, Hillary Clinton. Il avait notamment provoqué un report d'une nouvelle mission de son émissaire pour le Proche-Orient, George Mitchell.

Hillary Clinton, qui avait exigé de Benjamin Nétanyahou des preuves formelles de sa volonté de paix, a informé le Quartette qu'elle avait eu avec le premier ministre israélien jeudi une conversation «utile et productive».

M. Nétanyahou aurait ouvert la porte avec Hillary Clinton à la libération de détenus palestiniens, à la levée de barrages en Cisjordanie et au le transfert à l'Autorité palestinienne du maintien de l'ordre de certaines zones, mais serait resté silencieux sur tout projet de colonisation, selon le quotidien israélien Haaretz.

La chef de la diplomatie américaine n'a fourni aucun détail sur le contenu des engagements pris par le chef du gouvernement d'Israël, mais l'ancien premier ministre de Grande-Bretagne Tony Blair, qui est aujourd'hui représentant du Quartette au Proche-Orient, s'est montré optimiste. Il dit attendre une série de mesures du gouvernement israélien «dans les prochains jours [...] permettant de penser que [malgré les difficultés des derniers jours] cela vaudrait le coup d'engager des pourparlers indirects».

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui refuse toute négociation directe faute d'un gel total de la colonisation, avait accepté d'engager des discussions dites de «proximité» par le truchement de George Mitchell, mais il est revenu sur cette décision à l'annonce du projet de 1600 nouveaux logements dans le Grand Jérusalem.

Le Quartette s'est dit favorable à des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens afin d'aboutir d'ici à deux ans à la fin de l'occupation israélienne et à la naissance d'un État palestinien.

Les membres du Quartette ont en outre pris acte de la détérioration de la situation humanitaire et des droits de la personne dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas et soumise à un strict blocus par Israël. Ils ont souligné «l'urgence de résoudre la crise» dans ce territoire dévasté par l'offensive de Tsahal à l'hiver 2008-09.

«Nous sommes convaincus que tout ceci sera entendu en Israël et qu'ils auront compris correctement le message», a conclu l'hôte de la réunion de Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

M. Nétanyahou doit se rendre ce week-end à Washington pour participer au congrès annuel de l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le principal lobby juif aux États-Unis. «Il y a des contacts pour organiser des rencontres entre M. Nétanyahou et des dirigeants américains», a fait savoir un officiel israélien sous le couvert de l'anonymat. Selon lui, une entrevue est «possible» avec la secrétaire d'État.

Sur le terrain, au moins 12 personnes ont été blessées hier dans les tirs de missiles israéliens sur l'aéroport désaffecté de Gaza et des tunnels situés près de la frontière avec Israël, selon des responsables du Hamas.

Ces frappes ont été commises au lendemain d'un tir de roquette qui a coûté la vie à un ouvrier agricole thaïlandais qui travaillait dans une exploitation israélienne près de la frontière avec la bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont déclaré qu'elles tenaient les dirigeants du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, pour responsables, bien que des opposants au Mouvement de la résistance islamique aient déclaré qu'ils étaient à l'origine du tir de roquette. Jeudi, des frappes israéliennes de missiles avaient visé des tunnels passant sous la frontière avec l'Égypte utilisés pour la contrebande et un atelier dans la ville de Gaza.

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Avec l'AFP, Reuters et l'AP

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