Vers des négociations «indirectes» entre Israël et l'Autorité palestinienne

Le Caire — La Ligue arabe est favorable à l'idée américaine de négociations de paix indirectes entre Israël et les Palestiniens dans une «fenêtre» de quatre mois, a déclaré mercredi le négociateur palestinien Saëb Erekat au Caire, où se tient une réunion de l'organisation.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui participe à cette réunion de la Ligue, avait auparavant fait savoir qu'il suivrait la décision prise par ses partenaires. La position de l'organisation arabe a été saluée par le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou.

«Nous verrons bien. Nous ne faisons pas obstacle. J'ai déjà dit qu'il fallait être deux pour danser le tango au Moyen-Orient. Mais on pourrait être trois et, au début, il se pourrait que nous ayons besoin d'une mission diplomatique avec des navettes», a-t-il déclaré devant la Knesset.

Le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, a tenu de son côté à souligner qu'il n'y avait pas eu de consensus parmi les représentants arabes concernant les intentions d'Israël et que le cadre de ces discussions devait par conséquent être clairement défini.

«Ces négociations ne devraient pas être ouvertes et doivent avoir une limite dans le temps n'excédant pas quatre mois», a-t-il ajouté, précisant que «les négocaitions indirectes ne devraient pas se transformer automatiquement en négociations directes».

Saëb Erekat avait indiqué plus tôt à des journalistes que les ministres arabes des Affaires étrangères avaient décidé de «donner une chance pour quatre mois à la proposition américaine», même s'ils n'étaient «pas convaincus par les intentions d'Israël».

Depuis plus d'un an, l'administration américaine tente de convaincre Mahmoud Abbas de revenir à la table des négociations, qu'il a quittée à la suite de l'offensive de Tsahal dans la bande de Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009.

Le président de l'Autorité palestinienne exclut toute discussions directes avec Benjamin Nétanyahou tant que l'État juif poursuivra ses activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Israël s'y refuse pour l'heure et n'a proposé en novembre qu'un gel temporaire et restreint de l'expansion des implantations en Cisjordanie, excluant de fait Jérusalem-Est.

Les tensions se sont accrues ces derniers jours après la décision d'Israël d'ajouter le tombeau de Rachel et le tombeau des Patriarches, situés en Cisjordanie occupée, à la liste des sites archéologiques à restaurer.