Trois attentats frappent l'Irak à quatre jours des législatives

Bakouba — Des attentats suicides contre deux bâtiments de la police et un hôpital ont fait 33 morts et 55 blessés mercredi à Bakouba, dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad, rapportent les services de sécurité irakiens. Au moins douze des tués sont des policiers.

À quatre jours des élections législatives, ces attentats montrent que les insurgés sunnites liés à al-Qaïda sont toujours actifs dans cette province où cohabitent chiites, sunnites et Kurdes.

Deux des assaillants ont lancé des voitures chargées d'explosifs contre des postes de police dans le centre et l'ouest de Bakouba, ville située à 65 km de la capitale. Le troisième, qui était à pied et portait un uniforme de policier, a mis sa charge à feu devant l'entrée du principal hôpital de Bakouba où arrivaient les blessés des deux autres attaques.

Il venait de descendre d'une ambulance, en provenance du premier site touché par les deux premières explosions. Le kamikaze cherchait apparemment à tuer le chef de la police provinciale, qui se trouvait sur place, mais des agents de sécurité l'ont arrêté avant qu'il ne pénètre dans l'établissement.

Samira al-Chibli, porte-parole du gouverneur, a annoncé qu'un couvre-feu avait été imposé dans toute la province et que les accès aux grandes villes avaient été bouclés pour prévenir d'autres attentats.

Talib Mohamed Hassan, qui dirige le Conseil provincial, a accusé des insurgés financés de l'étranger de vouloir terroriser la population avant le scrutin de dimanche. «Même si de telles attaques se produisent le jour des élections, les gens iront voter. C'est un défi qu'ils veulent relever», a-t-il assuré.

Les élections législatives de dimanche représentent un enjeu de taille pour plusieurs puissances extérieures, dont l'occupant américain et le voisin iranien. Les troupes américaines devront en principe avoir plié bagage à la fin de l'an prochain et l'Iran est bien placé pour accroître l'influence qu'il a gagnée en Irak depuis l'invasion de mars 2003.

Téhéran devra jouer finement pour contrer une puissante résurgence du nationalisme irakien, qui complique sa quête d'un régime chiite ami et, si possible, hostile aux États-Unis à Bagdad.

De son côté, le président Barack Obama espère que le scrutin débouchera sur un régime plus laïque, plus représentatif et plus stable qui favorisera le rapatriement des militaires américains.