Le Canada dirigera une vaste offensive à Kandahar

Une grande offensive militaire de l'OTAN se prépare à Kandahar, en Afghanistan, et elle sera dirigée par le Canada. L'opération devrait avoir la même ampleur que celle menée dans la province voisine d'Helmand, dans les dernières semaines, où ont participé près de 15 000 soldats américains, britanniques et canadiens.

C'est ce qu'a confirmé hier le brigadier-général Daniel Ménard, qui dirige les Forces canadiennes en Afghanistan et une partie des troupes américaines à Kandahar. «On est présentement en train de planifier cette opération. On va avoir les détails dans les prochaines semaines. L'important est de bien préparer l'offensive et de s'assurer que la population afghane est bien au fait de la situation», a-t-il dit lors d'une conférence de presse téléphonique. Il ajoute que l'Armée nationale afghane sera partie prenante de l'opération et que d'autres pays de la coalition y prendront part.

Tout comme dans Helmand, l'OTAN va distribuer des tracts et faire des annonces à la radio pour alerter la population civile et l'encourager à fuir la zone de combat. Dans Helmand, cette publicité avait toutefois permis aux talibans de se préparer à l'offensive et de planter un grand nombre d'engins explosifs improvisés, ce qui a ralenti la progression des troupes et causé passablement de dommages. «Oui, il y a des conséquences négatives à lancer des tracts, mais il faut minimiser les blessures et les pertes chez les civils, affirme le brigadier-général Ménard. Quand un civil est blessé ou tué dans une opération, ça nuit beaucoup à nos activités. Il faut bien choisir le type de munitions et le moment de l'opération.»

À la campagne

Les Forces canadiennes ont réussi à sécuriser un large périmètre autour de Kandahar dans les derniers mois, notamment en dispersant des pelotons (30 soldats) et des militaires afghans dans les villages. En vivant avec les Afghans, ils ont gagné leur confiance, ce qui a fait diminuer la tension autour de la ville. «On ne capture pas un bout de territoire si on n'est pas capable de le garder et de rester sur place», a dit le brigadier-général Ménard, ce qui n'était pas le cas il y a à peine un an.

Au point où cette nouvelle offensive de l'OTAN à Kandahar devrait se dérouler hors des villes et villages, puisque l'activité des talibans a été repoussée plus loin à la campagne.

Cette opération va coïncider avec le début de la «saison des combats», qui est généralement lancée au printemps, lorsque les talibans reviennent de la saison hivernale, qu'ils ont passée dans le Pakistan voisin. «On doit s'attendre à une augmentation de l'activité des talibans, comme d'habitude. La ville de Kandahar est un endroit stratégique, autant pour l'OTAN que pour les insurgés», dit M. Ménard.

Le brigadier-général a souligné que l'arrivée des renforts américains dans les dernières semaines permet à l'OTAN d'être «à l'offensive». «On impose notre rythme aux insurgés. On voit la différence», dit-il.