Meurtre d'un cadre du Hamas - Israël nie toute implication dans le drame de Dubaï

Jérusalem — Israël a rejeté hier les accusations de la police de Dubaï contre son service secret, le Mossad, soupçonné d'avoir assassiné un cadre du Hamas, mouvement islamiste palestinien.

Par ailleurs, un responsable de la branche armée du Hamas, mis en cause jeudi par un responsable de l'Autorité palestinienne, a démenti toute implication dans le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh le 19 janvier dans un hôtel de Dubaï.

«La police de Dubaï n'a fourni aucune preuve à caractère incriminant dans cette affaire», a déclaré un haut responsable israélien qui a requis l'anonymat.

Le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfan, s'est déclaré jeudi «certain à 99 %, sinon à 100 %, que le Mossad était derrière l'assassinat» pour lequel onze personnes détentrices de passeports européens sont recherchées.

Lundi, le général Khalfan avait annoncé avoir reconstitué dans le détail les faits et gestes des membres du commando auteur de l'assassinat, affirmant que Mabhouh avait «été étouffé après avoir peut-être reçu une décharge électrique».

«Il n'existe aucune preuve qu'il ait été assassiné», a cependant insisté le haut responsable israélien.

Il a aussi minimisé la portée des demandes d'explications de Londres, Dublin, Paris et Berlin aux ambassadeurs d'Israël dans ces capitales sur les passeports de leurs pays, apparemment faux, dont étaient porteurs les onze membres présumés du commando.

Ces pays ont «seulement demandé à Israël de l'aide sur l'usage de ces passeports», a-t-il affirmé.

Mais les médias israéliens laissent toujours clairement entendre que le Mossad est bien responsable de l'élimination d'un responsable du bras armé du Hamas, impliqué dans le meurtre de deux soldats israéliens et considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d'armes à destination de la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas.

Dans l'ensemble, ils justifient ce type d'opération, tout en s'inquiétant des complications que peuvent entraîner l'usage de faux passeports et des usurpations d'identité.

Un haut responsable de la branche armée du Hamas, Nehru Massoud, a nié hier s'être trouvé à Dubaï le jour de l'assassinat et avoir été arrêté en Syrie dans le cadre de cette affaire, comme l'affirmait la veille un responsable de l'Autorité palestinienne. «Je n'ai pas été arrêté à Dubaï, ni en Syrie, et ce qui a été publié n'est que mensonges», a affirmé M. Massoud, s'exprimant depuis Damas sur la chaîne de télévision du Hamas, al-Aqsa.

Il a accusé le «mouvement Fatah de chercher à porter atteinte à l'image du Hamas» et a imputé le meurtre de Mabhouh au «Mossad et ses agents au sein de l'Autorité» palestinienne, dominée par le Fatah du président Mahmoud Abbas.

Le général Khalfan a fait état mardi de l'arrestation de deux suspects palestiniens résidant aux Émirats arabes unis et qui s'étaient «enfuis en Jordanie» après le meurtre. Ils ont été interrogés à Dubaï après leur extradition.

Sur le site Internet du Hamas, un des dirigeants du mouvement, Mohamad Nazzal, a indiqué hier que ces deux hommes étaient «liés au Mossad» et travaillaient à Dubaï «pour une société immobilière appartenant à Mohamad Dahlane», un des dirigeants du Fatah et ennemi juré du

Hamas.

Le Foreign Office a en outre catégoriquement démenti hier avoir été informé du projet d'assassinat et de l'utilisation de faux passeports britanniques par le commando.