Afghanistan - L'offensive sur Marjah progresse

Un soldat afghan hier à Showal
Photo: Agence Reuters Julian Simmonds Un soldat afghan hier à Showal

Marjah — Les soldats progressent régulièrement dans leur offensive sur la ville de Marjah, dans le sud de l'Afghanistan, mais les engins explosifs laissés derrière eux par les talibans ralentissent leur avancée, a reconnu hier un porte-parole de l'armée américaine.

Des responsables du gouvernement afghan ont avancé un bilan d'environ 35 talibans tués depuis le lancement, samedi, de l'offensive «Mushtarak» (Ensemble) contre cette dernière place forte des talibans dans la province du Helmand. L'offensive, une des plus importantes de l'OTAN depuis le début de la guerre en Afghanistan en 2001, est la première depuis l'annonce par Barack Obama de l'envoi de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

«Nous progressons régulièrement, mais nous procédons à la détection et au nettoyage systématique des routes, dans une zone infestée de bombes artisanales [IED]», a indiqué par courriel le capitaine Abraham Sipe. Ce dernier a estimé impossible à ce stade de fournir un bilan global des ennemis capturés ou tués.

Le porte-parole américain a expliqué que la situation était très différente selon les zones. «Dans de nombreux quartiers de Marjah, nous rencontrons peu d'opposition. Il y a des zones où les soldats sont confrontés à une forte résistance, mais ils progressent régulièrement sur l'ensemble de la région.»

Exemple de cette «forte résistance», des unités ont essayé à deux reprises ces dernières heures de s'emparer d'un bazar de Marjah, mais elles ont été repoussées par des tirs nourris et des snipers, selon l'armée américaine.

Soulignant les dangers de l'opération, le gouverneur du Helmand, Gulab Mangal, a déclaré que trois rebelles avaient été abattus dimanche alors qu'ils étaient prêts à se faire exploser parmi les militaires.

L'opération a commencé samedi par des vagues d'hélicoptères transportant des soldats à Marjah et dans le district voisin de Nad Ali. Le lendemain, les soldats ont été pris sous des tirs intenses dans le centre de Marjah.

La crédibilité de l'OTAN et des forces afghanes repose en partie sur la limitation des pertes civiles, d'autant que les commandants de l'opération ont demandé aux habitants de Marjah de rester chez eux. Mais dimanche les tirs de roquettes de l'OTAN ont fait 12 morts parmi la population.

Les habitants doutent par ailleurs de la capacité de l'armée afghane à contrôler la zone après la conquête en cas de retrait des forces de l'OTAN. Lors d'une réunion avec des responsables gouvernementaux afghans, environ 200 villageois ont exhorté le gouvernement régional à tenter de persuader les soldats alliés de demeurer sur place après les combats.

Foyer de l'insurrection, Marjah est connue de longue date pour la culture du pavot, dont les taliban tirent une partie de leurs subsides. Il y a plusieurs dizaines d'années, un plan de développement agricole y a été mis en oeuvre et les canaux d'irrigation qui sillonnent les champs ont été creusés par des coopérants américains.