Sitôt conclu, sitôt violé

Des soldats yéménites prennent leur position face aux rebelles.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des soldats yéménites prennent leur position face aux rebelles.

Sanaa — Les autorités au Yémen ont accusé les rebelles chiites d'avoir violé la trêve hier quelques heures après son entrée en vigueur, en lançant des attaques meurtrières contre l'armée dans le nord du pays.

Le général Mohammad Abdallah al-Qoussi, qui dirige les opérations de l'armée dans la province de Saada, a affirmé avoir lui-même échappé à une tentative d'assassinat menée par les rebelles chiites.

«J'ai échappé à une tentative d'assassinat menée par des rebelles Houthis qui ont ouvert le feu sur mon véhicule» à Saada, fief des rebelles à 240 km au nord de la capitale, Sanaa, et limitrophe de l'Arabie saoudite, a-t-il déclaré à l'AFP.

«Les rebelles ont violé le cessez-le-feu en lançant également des attaques contre des postes de l'armée dans la région d'Al-Iqab [dans la province de Saada], faisant des morts et des blessés parmi les soldats», a-t-il ajouté.

Selon une source militaire, quatre soldats yéménites ont été tués dans les attaques, trois à Al-Iqab et un quatrième à Al-Aïn, dans le sud de Saada. Plusieurs ont été blessés, a-t-il indiqué.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des rebelles zaïdites, issus d'une branche du chiisme minoritaire dans l'ensemble du Yémen, mais majoritaire dans le nord-ouest du pays.

Leur chef, Abdel Malek al-Houthi, a ordonné jeudi soir à ses hommes de respecter le cessez-le-feu annoncé par le président Ali Abdallah Saleh.

Le cessez-le-feu est entré en vigueur jeudi, à minuit, après six mois de combats sanglants dans le nord du Yémen.

Les autorités, disant riposter aux «agressions répétées» des rebelles, ont lancé le 11 août une offensive contre les insurgés, la sixième depuis 2004, dans un conflit qui a fait des milliers de morts et 250 000 déplacés.

Pourtant, hier matin, une source militaire sur le terrain avait affirmé que le calme régnait sur «tous les fronts», et une autre source a assuré à l'AFP que l'aviation yéménite avait cessé ses sorties au-dessus des zones du nord.

«Nous demeurons dans nos positions et nous avons le doigt sur la gâchette», a cependant affirmé l'un des militaires basés dans le nord du pays, traduisant leur méfiance à l'égard des rebelles.