Nouvelles condamnations en Iran

Téhéran — Un tribunal iranien a confirmé la condamnation d'un ancien ministre réformateur de l'Industrie à cinq ans de prison pour sa participation aux manifestations postélectorales, rapportait hier l'agence ISNA.

La même cour, qui jugeait des personnes arrêtées le jour de la fête religieuse de l'Achoura, le 27 décembre, a condamné un des manifestants à mort. Huit autres ont écopé d'une peine de prison.

L'ancien ministre Behzad Nabavi, une des principales figures du mouvement réformateur interpellées en marge des manifestations antigouvernementales, a été condamné à cinq ans de prison.

Ces décisions interviennent à deux jours de l'anniversaire de la Révolution islamique, il y a 31 ans, en vue duquel l'opposition a lancé de nouveaux appels aux rassemblements et au moment où l'Iran a débuté l'enrichissement d'uranium à 20 %.

La police iranienne a prévenu qu'elle ne tolérerait plus aucun regroupement hostile au gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad. L'opposition affirme que le scrutin a été truqué pour assurer la réélection du chef d'État ultraconservateur.

Outre Nabavi, plusieurs personnalités du camp réformateur ont été condamnées à des peines de prison pour des accusations allant jusqu'à l'atteinte à la sécurité nationale. Un ancien vice-ministre des Affaires étrangères, Mohsen Aminzadeh, a écopé lundi de six années de prison. Un conseiller du chef de file de l'opposition Mirhossein Moussavi a pour sa part été libéré sous caution hier.

Depuis juin, des milliers d'opposants, manifestants ou journalistes ont été arrêtés. La plupart ont été libérés depuis, mais plus de 80 personnes ont été condamnées à des peines supérieures à 15 années de réclusion.

D'autre part, quelques dizaines de militants progouvernementaux iraniens ont manifesté mardi devant plusieurs ambassades européennes à Téhéran pour protester contre l'attitude de l'Europe à l'égard de l'Iran, selon des sources diplomatiques européennes.

Les manifestants sont passés successivement notamment devant les ambassades d'Allemagne, de France et d'Italie, protégées par d'importantes forces de police, criant à chaque fois des slogans hostiles à ces pays, selon ces sources.

Aucun incident n'a été signalé, à l'exception d'une pierre lancée contre l'ambassade d'Italie sans faire de dégâts.