L'Iran en rajoute encore

Dès le lendemain de l'annonce de la reprise de l'enrichissement d'uranium, Téhéran a fait savoir que l'Iran construirait, au cours de l'année, dix nouveaux centres d'enrichissement, provoquant l'ire de certains pays occidentaux, au premier chef les États-Unis et la France.

Rajoutant aux tensions entre l'Iran et le groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et l'Allemagne), qui ont tenté de négocier un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire, le président Mahmoud Ahmadinejad a du même coup annoncé qu'un nouveau système de défense antiaérienne au moins aussi puissant que le S-300 de la Russie serait bientôt dévoilé.

Soufflant le chaud et le froid, comme c'est son habitude, l'Iran a officiellement informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de la reprise de ses opérations d'enrichissement, sur le site de Natanz, qui visent à porter à 20 % l'uranium faiblement enrichi à 3,5 % dont dispose Téhéran. Le représentant iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que «nous avons invité, dans cette lettre, les inspecteurs de l'AIEA à être présents sur le site [de Natanz] puisque toutes les installations nucléaires de la République islamique sont placées sous le contrôle de l'Agence». Réagissant à ces annonces, les États-Unis et la France jugent le moment venu d'adopter des «sanctions fortes» contre l'Iran pour convaincre ses dirigeants de renoncer à leur programme d'enrichissement d'uranium.

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert Gates, a déclaré qu'«à ce stade, la seule voie qui nous reste, me semble-t-il, est la voie des pressions. Mais cela nécessitera un travail en commun de l'ensemble de la communauté internationale». Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, estime qu'il est «nécessaire malheureusement d'engager un dialogue international qui mènera à de nouvelles sanctions si l'Iran ne renonce pas à ces programmes».

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a cependant fait remarquer que «nous n'avons pas encore convaincu les Chinois». La Chine, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, a plaidé qu'évoquer à ce moment-ci des sanctions contre l'Iran compliquerait les choses.

La Russie s'est quant à elle rangée aux côtés des Occidentaux, en jugeant nécessaire de prendre des mesures fortes contre Téhéran. «La communauté internationale doit réagir rapidement à ces informations afin de signaler à Téhéran son intention de réagir par des mesures sérieuses, pouvant aller jusqu'à un renforcement des sanctions économiques», a dit Constantin Kosachiov, président de la commission des affaires étrangères de la Douma, cité par sa porte-parole.

Sur le plan intérieur, l'opposant Mir Hossein Moussavi a, lui, critiqué l'«aventurisme» de Mahmoud Ahmadinejad. «Quelle nation influente avons-nous de notre côté?», s'est-il interrogé au cours d'une discussion avec des étudiants, selon son site Internet kaleme.org.

Ces développements surviennent à quelques jours des célébrations de la Révolution islamique dont l'opposition entend bien profiter pour manifester contre le régime Ahmadinejad. Plusieurs observateurs n'hésitent pas à faire un lien entre les annonces du président iranien depuis deux jours et le risque de voir l'opposition manifester en force jeudi.


Téhéran se défend

La décision de reprendre l'enrichissement a été prise, selon Téhéran, en raison du blocage des discussions avec le Groupe des Six sur l'approvisionnement à l'Iran du combustible enrichi à 20 % dont il dit avoir besoin pour faire fonctionner un réacteur de recherche médicale. L'AIEA avait proposé que l'Iran envoie son uranium faiblement enrichi à 3,5 % en Russie et en France pour qu'il soit transformé en combustible enrichi à 20 %. Selon M. Soltanieh, «plus de huit mois se sont écoulés depuis que l'Iran a dit au directeur général de l'AIEA qu'il avait besoin de combustible». Néanmoins, il a affirmé que «la porte demeurait ouverte» pour un échange d'uranium avec les grandes puissances, appelées à «passer de la confrontation à la coopération» avec l'Iran.

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D'après Reuters et l'Agence France-Presse
7 commentaires
  • Assez merci - Inscrit 9 février 2010 08 h 06

    Justice

    L'Iran a le droit d'enrichir son uranium et l'acharnement des pays occidentaux à des sanctions contre ce pays prouve encore une fois tout comme en Irak qu'ils veulent affaiblir l'Iran économiquement avant de l'envahir pour contrôler son pétrole et le pays au point de vue stratégique.
    Faut préparer les mentalités: démagogie, propagande, sanctions et envahissement.

  • Claude Archambault - Inscrit 9 février 2010 09 h 31

    l'heure est venu

    Il est l'heure d'agir. On doit à tout prix mettre un frein à cette folie. L'Iran est est mené par un fou et il doit être arrêté, il faut détruir ces installation et aussi toutes autres installations militaires du pays. L'Iran et le monde s'en porteront mieux.

    Et à Assez Merci je voudrait rappeler quie l'Iran est le seul pays à ne pas respecter les lois internationnal en ce qui concerne les embassades, ils sont des terroristes extremistes et doivent être mis hors combat.

  • michel lebel - Inscrit 9 février 2010 09 h 54

    Un jeu très dangereux

    L'Iran joue un jeu dangereux. Soufflant à tour de rôle le chaud et le froid. Aucun État ne veut vraiment intervenir directement en ce.pays. Mais un seul, je crois, interviendra, le moment venu, et ce sera Israël. Avec une opération-éclair détruisant les centres d'uranium enrichi.

  • Jacques Lafond - Inscrit 9 février 2010 12 h 01

    La guerre

    Il n'y a qu'une solution. L'invasion complète de l'Iran par les forces de la coalition, et une prise de controle permanante de ce pays par la coalition. Fini les négociations.

  • Godfax - Inscrit 9 février 2010 13 h 12

    Non à la guerre

    L'opinion populaire de haine envers l'Iran est monté de tout pièce par les médias; n'importe qui de bien renseigné constatera qu'il y a bien propagande mondial supporté par la grande presse international.

    L'Iran est un des derniers pays dans le monde à ne pas avoir un gouvernement de façade qui engraisse les multinationales, voila pourquoi l'empire néolibéral mondialiste veut sa mort. De plus énormément de pays respecte bien moin les droits de l'homme et les média n'en parle jamais. Ce n'est qu'une histoire de manipulation d'opinion.

    Soyez certaine que si cette guerre injuste éclate, vous en vivrez les conséquence tout les jours. La Chine, l'Inde, la Russie, l'Afrique du Sud, le Brésil, l'Uruguay et le Vénézuela défendront l'Iran c'est presque certain. Vous connaissez L'OCS, c'est une version oriental de l'Otan, elle regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Iran le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Ici même au Québec des millier de personnes feront tout en leur pouvoir pour aider l'Iran de toute les manières possible.
    La vie ne sera pas drôle.

    La haine sera partout est les extrémistes se multiplierons, c'est ça le grand choc des civilisations. Il n'y a pas de moral dans la guerre, ceux qui la souhaite férocement sont les banquier internationaux et les grandes firmes de multinationales pétrolière et militaire.

    Cette guerre mènera à la 3ieme guerre mondial, et l'humanité n'en sera pas vainqueur soyez s'en certain, juste à penser au nucléaire.

    Si vous croyez que l'invasion d'un pays peut être une solution, je vous conseille d'étudier l'histoire et de faire preuve d'un peu plus d'analyses. L'humanité ne s'en portera que mieux.

    Merci