Abbas exclut tout retour à la violence contre Israël

Mahmoud Abbas
Photo: Agence Reuters Mohamad Torokman Mahmoud Abbas

Ramallah — Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exclu hier tout retour de la violence contre Israël, mais il a réitéré son refus de reprendre les négociations avec l'État juif avant un gel complet de ses activités de colonisation.

Devant le Conseil central de l'OLP qui s'apprête à proroger son mandat présidentiel faute d'accord de réconciliation avec le Hamas sur la tenue d'élections, Abbas a exigé en outre d'Israël qu'il accepte le principe d'un État palestinien sur les territoires conquis en 1967 — Jérusalem-Est, Cisjordanie et Gaza.

Après avoir été soutenu dans son exigence d'un gel total de la colonisation en préalable à une reprise du processus de paix lancé en novembre 2007 à la conférence d'Annapolis, Mahmoud Abbas est pressé maintenant par les États-Unis et l'Union européenne d'y renoncer.

Le président palestinien a souligné qu'il ne posait pas de conditions mais rappelait simplement les obligations d'Israël aux termes de la «feuille de route» pour la paix de 2003, confirmée à Annapolis, qui prévoit l'arrêt de la colonisation.

«Lorsqu'Israël cessera son activité de colonisation pour une période donnée et lorsqu'il reconnaîtra les frontières que nous réclamons, qui sont les frontières légales, alors rien ne nous empêchera de nous engager dans des négociations», a-t-il dit devant le Conseil central de l'OLP.

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a accusé l'Autorité palestinienne de chercher des prétextes pour ne pas revenir à la table de négociations, mais Abbas a renvoyé le compliment au chef du Likoud, au pouvoir depuis mars dernier. «Il ne veut pas de négociations».


Où? Quoi?

Faisant part de sa frustration devant l'attitude d'Israël, Abbas a ajouté: «Où veulent-ils nous emmener? Qu'exige-t-on de nous? Il y a une chose que je n'accepterai pas: un retour à la violence».

La veille, le Hamas, qui a chassé les forces fidèles à Abbas de la bande de Gaza en juin 2007, a réaffirmé pour sa part qu'il ne renoncerait jamais à la lutte armée et à son objectif d'un État palestinien sur l'ensemble de la Palestine du mandat, soit de la Méditerranée jusqu'au Jourdain.

Lors d'un meeting géant à l'occasion du 22e anniversaire du Hamas, Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste à Gaza, a récusé d'avance la légalité du maintien d'Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne par le Conseil central de l'OLP, qui doit aussi aussi appuyer ses conditions pour une reprise des pourparlers de paix.

L'OLP, fondée en 1964, est universellement reconnue comme l'instance représentative du mouvement national palestinien, même si le Hamas et le Djihad islamique n'en font pas partie, et l'Autorité palestinienne mise en place par les accords d'Oslo de 1993 procède d'elle.

La médiation menée depuis des mois par l'Égypte entre le Hamas et le Fatah d'Abbas a abouti à une proposition d'élections présidentielle et législatives en juin prochain en Cisjordanie et à Gaza, mais, contrairement à Abbas, le Hamas n'a pas adhéré à ce compromis.
 
1 commentaire
  • Pierre Simard - Inscrit 16 décembre 2009 16 h 04

    Cette colonisation est...

    ... de la violence cachée enver le peuple Palestinien, après on se demande pourquoi les Palestiniens en ont raz-le-bol!!!!!!! Petit rappel, suite à la deuxième guerre mondiale, l'occident a "donné" 76% du territoire palestinien aux Israéliens (ils ont détruit plus de 400 villages palestinien pour y établir leur socìété). De plus, Israël est l'entité politique s'étant le plus cachée derrière les vétos américains face l'ONU.

    Faîtes vous même l'expérience amusante: Prennez possession de la cour arrière de votre voisin, construisez-y un garage, un p'tit chalet ou autre, sans son concentement approbation et, attendez de voir comment il va réagir...