Israël : vers un référendum sur toute restitution de terre annexée

 Une projet de développement domiciliaire dans Jérusalem-Est dont la construction a été gelée temporairement.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ahmad Gharabli Une projet de développement domiciliaire dans Jérusalem-Est dont la construction a été gelée temporairement.

Jérusalem — Le Parlement israélien a adopté hier en première lecture un projet de loi imposant la tenue d'un référendum avant toute restitution d'un territoire arabe annexé par l'État juif dans la foulée de la guerre de 1967.

Approuvé par 68 voix contre 22, sur un total de 120 députés, ce texte, soutenu par le gouvernement de droite de Benjamin Nétanyahou, doit encore subir deux autres lectures avant de devenir applicable. Il concerne avant tout la partie orientale et arabe de Jérusalem, annexée en 1967, et les hauteurs du Golan syrien, annexées en 1981, deux initiatives non reconnues par la communauté internationale.

L'obligation d'organiser un référendum en cas d'accord avec les Palestiniens et les Syriens sur la restitution de territoires serait susceptible de retarder, voire de faire capoter, de tels accords.

Les débats en commission sur le texte adopté en première lecture pourraient eux-mêmes traîner des mois, voire des années. Le texte contient toutefois une échappatoire permettant à tout gouvernement israélien de s'exempter d'un référendum si la Knesset approuve les accords envisagés à une majorité qualifiée des deux tiers, soit 80 députés.

La future législation ne concerne pas la Cisjordanie administrée par l'Autorité palestinienne, où des dizaines de colonies juives de peuplement ont été implantées, mais qu'Israël n'a jamais annexée.

Jusqu'à présent, l'État juif a signé deux accords de paix impliquant des retraits territoriaux, l'un avec l'Égypte en 1979 et l'autre avec la Jordanie en 1994. Dans les deux cas les Israéliens n'ont pas été consultés.

Des colons mécontents

Des milliers de colons de Cisjordanie et leurs partisans ont manifesté hier soir à Jérusalem, près de la résidence du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, pour protester contre sa décision de geler pendant dix mois les constructions de logements dans les implantations.

La manifestation, qui dans l'ensemble s'est déroulée sans incident, était le premier grand rassemblement, depuis des années, de colons protestant contre des mesures gouvernementales de suspension des activités de colonisation en Cisjordanie occupée.

«Les milliers de personnes présentes ici nous donnent le courage de nous dresser contre le gouvernement et de trouver le moyen de poursuivre la construction de toutes les communautés juives de Judée-Samarie [Cisjordanie]», a déclaré un dirigeant de colons, Pinhas Wallerstein, présent au rassemblement. La décision annoncée le 25 novembre par Benjamin Nétanyahou de geler certaines constructions visait à favoriser une reprise des négociations de paix.
 
3 commentaires
  • Lapirog - Abonné 10 décembre 2009 07 h 59

    La tour de Pise penche toujours du même côté.

    Pas difficile de prévoir que ces référendums donneront toujours les même résultats et que ce processus se révèlera tout a fait loufoque et inutile.
    Un seul pays de type fédératif ou cohabiteront toutes les nationalités semble de plus en plus la seule alternative viable pour cette contrée.

  • Michel Gaudette - Inscrit 15 décembre 2009 15 h 43

    Exécrable journalisme

    Le ton de cet article ne respecte pas la déontologie journalistique.

    On n'y cesse de tenter de démontrer qu'Israël en bout de ligne n'arriverait jamais ou presque à restituer des terres, alors qu'Israël n'a rien en principe contre la création d'un État palestinien...

    C'est ce genre de journalisme qui met toujours la pression sur Israël.

    Quand notre voisin se jure de nous détruire (ex. Hamas), il est très honorable qu'Israël soit démocratique. Avec de tels voisins, Israël aurait très bien pu devemir une dictature militaire. C'est ce qui prouve toute la force démocratique d'Israël qui démontre que de l'intérieur, ce pays demeure une terre d'excellence pour la liberté d'expression...

    Vive Israël !

  • Michel Gaudette - Inscrit 16 décembre 2009 15 h 45

    L'antisémitisme au Québec

    Je crois que l'article qui précède est à l'image de ce que les Québécois pensent d'Israël.

    J'ose ainsi affirmer que le Québec manifeste un antisémitisme profond qui origine de sa culture religieuse. Je m'explique.

    L'antisémitisme au Québec s'est toujours nourri de la pensée vaticane qui a semé depuis des siècles la haine du Juif ("ce peuple déicide", disait-elle) à travers toute cette planète. Depuis des siècles, l'inconscient collectif québécois a donc été nourri de cette nourriture infecte de la haine du Juif par le catholicisme. En effet, tout l'inconscient collectif religieux des Québécois se caractérise de réflexes religieux de nature catholique. Et souvent, ces réflexes sont inconscient. Par exemple, des jeunes qui ne pratiquent pas décideront de faire baptiser leurs enfants. Autre exemple, Jean Charest votant pour le maintien du crucifix, symbole catholique, au parlement.

    Il n'est donc pas étonnant que les Québécois aient développé des réflexes anti-juifs, puisque leur inconscient collectif catholique a été nourri pendant des siècles par une Église romaine anti-juif.

    Malheureusement, nos parents se sont laissés dicter quoi penser par un clergé ignare et mesquin. Je parle ici de phénomènes inconscients, oui, de phénomènes qui nous habitent et dont on ignore l'origine et la cause...

    Les Québécois sont antisémites parce qu'ils sont victimes de leur inconscient collectif religieus, tout nourri depuis des siècles par cette Église romaine anti-juive...

    Mais voyez-vous, cela se guérit. Il s'agit seulement d'apprendre à penser par soi-même. Cela vous fera peut-être découvrir le charme d'Israël dont sa mentalité démocratique...

    C'est ici qu'il faut avoir honte de notre passé pour ne plus en répéter les erreurs et se laisser dicter quoi penser par des êtres calculateurs, mesquins et ignares.

    En conclusion, je crois que lorsque les Québécois en auront fini avec le catholicisme, ils seront guéris de leur antisémitisme.