Pakistan - Un commando fait 40 morts dans une mosquée fréquentée par les militaires

Opérations policières près du site de l’attentat, à Rawalpindi.
Photo: Agence Reuters Mian Khursheed Opérations policières près du site de l’attentat, à Rawalpindi.

Rawalpindi — Au moins 40 personnes, dont quatre assaillants, ont été tuées hier par un commando d'islamistes qui ont ouvert le feu et fait exploser leurs bombes dans une mosquée bondée fréquentée par les militaires à Rawalpindi, une ville-garnison de la banlieue d'Islamabad.

Le ministre de l'Intérieur et l'armée ont attribué cette nouvelle attaque suicide aux talibans alliés à al-Qaïda, responsables de la vague sans précédent d'attentats qui a fait plus de 2600 morts dans tout le pays en deux ans et demi.

Les assaillants lourdement armés ont pénétré dans cette mosquée remplie notamment de

militaires pour la grande prière du vendredi, a raconté le général Athar Abbas, porte-parole de l'armée. «Les terroristes ont tiré sur les gens qui priaient et ont fait exploser leurs bombes»,a-t-il poursuivi.

Selon un communiqué de l'armée, 40 personnes, dont quatre «terroristes», ont été tuées, et, 45 blessées. Les militaires utilisent systématiquement le terme «terroristes» pour désigner les militants islamistes ou les talibans liés à al-Qaïda.

L'armée, qui a immédiatement scellé hermétiquement ce quartier abritant des casernes et de nombreux logements d'officiers et leurs familles, a ratissé plusieurs heures durant les bâtiments et les rues à la recherche d'éventuels survivants du commando, a rapporté un journaliste de l'AFP. La zone était encore survolée, en début de soirée, par des hélicoptères militaires.

«Deux kamikazes ont fait exploser les bombes qu'ils portaient sur eux dans la mosquée, dont le toit s'est effondré», a expliqué à la télévision le ministre de l'Intérieur, Rehman Malik.

Cette attaque est survenue deux jours après celle d'un kamikaze qui a fait exploser sa bombe en tentant de forcer l'entrée du QG de la Marine nationale en plein coeur d'Islamabad, et qui coûté la vie la vie à deux militaires.

L'attaque a été perpétrée dans la mosquée du marché Qasim, un quartier militaire de cette ville tentaculaire jouxtant la capitale pakistanaise, et centre névralgique de la puissante armée.

Le grand quartier général de l'état-major, à Rawalpindi, avait essuyé, le 10 octobre, une attaque audacieuse par un commando suicide d'au moins huit hommes lourdement armés. Elle avait été revendiquée par les talibans alliés à al-Qaïda.

Les militaires ont lancé le 17 octobre une vaste offensive dans le district tribal du Waziristan du Sud, dans le nord-ouest, le bastion du Mouvement des talibans pakistanais (TTP), principal responsable de la vague d'attentats qui ensanglante le pays depuis l'été 2007.

Le TTP a fait allégeance à al-Qaïda, qui a reconstitué ses forces dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan. «Ils se vengent parce que les offensives de l'armée pakistanaise sont couronnées de succès», a estimé le ministre Malik.