Riyad intervient dans le conflit au Yémen

Pour la première fois, les forces saoudiennes sont intervenues dans la guerre qui oppose depuis plusieurs années le gouvernement (sunnite) de Sanaa à la guérilla chiite qui opère dans le nord du pays, donnant une dimension régionale à ce conflit où se devine également la main de Téhéran.

Depuis jeudi, les F-15 et les Tornado saoudiens ont bombardé les positions et villages tenus par les miliciens zaïdites (une branche du chiisme) qui se désignent eux-mêmes comme les Al-Houthi. Selon Mohammed Abdul-Salam, un porte-parole des milices Houthi, quelque 200 roquettes ont été tirées par l'aviation saoudienne, tuant et blessant des dizaines de personnes. Il semble aussi qu'une colonne de tanks et d'infanterie motorisée ait pénétré sur le sol yéménite pour «nettoyer» les bases rebelles le long de la frontière.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés, ces bombardements ont provoqué la fuite d'environ 4000 civils. Cette offensive répondrait à une incursion, mardi, des milices chiites dans la province frontalière du Jizan au cours de laquelle elles ont, semble-t-il, pris trois villages, tué un garde-frontière et blessé onze autres gardes avant d'être repoussées. Cette attaque serait elle-même une réplique à l'implication de plus en plus forte des Saoudiens dans ce conflit interyéménite qui a commencé en 2004, essentiellement dans les provinces de Saada et du Amran. Jusqu'alors, Riyad se contentait de fournir de l'armement au régime du président, Abdallah Saleh, mais depuis quelques semaines sa marine participe à l'arraisonnement des bateaux qui livrent clandestinement des armes aux rebelles.

Mercredi, un membre du Conseil législatif saoudien a accusé les insurgés d'être au service de l'Iran et de vouloir «étendre» le champ de bataille à la frontière saoudienne. Dans la guerre secrète que se livrent l'Arabie Saoudite et l'Iran, les Al-Houthi sont dénoncés comme des alliés de Téhéran.

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