Quatre pays du Golfe signent un accord d'union monétaire

Riyad — Quatre pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït et le Qatar, ont signé hier à Riyad un accord sur la création d'une union monétaire, franchissant une nouvelle étape vers le lancement d'une monnaie unique, a indiqué un porte-parole du conseil.

Cet accord a été signé par les ministres des Affaires étrangères de ces quatre pays, en dépit du retrait de ce projet des deux autres membres du CCG, Oman, dès 2007, et les Émirats arabes unis en mai.

Le document approuvé prévoit la création d'ici la fin de l'année d'un Conseil monétaire à Riyad, première concrétisation attendue du projet. L'étape suivante constituera alors la mise en place d'une Banque centrale du Golfe.

Annoncé le 20 mai, le retrait émirati du projet faisait suite à des réserves exprimées par ce pays sur le choix de Riyad comme siège de la future Banque centrale, décision prise au début du mois de mai.

Cette dernière institution est perçue comme un instrument pouvant préparer le lancement, prévu initialement en 2010, de la monnaie unique du CCG.

En 2007, les dirigeants du CCG s'étaient réengagés en faveur de l'échéance 2010 pour le lancement de la monnaie unique, bien que cet objectif ait été remis en question par la décision d'Oman de se retirer du projet, et celle du Koweït de lier sa monnaie à un panier de devises plutôt qu'au seul dollar, dans le but de combattre l'inflation.

Puis, le 30 décembre 2008, lors d'un sommet à Mascate, cinq des pays du CCG — l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar — avaient donné leur feu vert à l'union monétaire.

Le retrait des Émirats arabes unis, deuxième puissance du Golfe, a toutefois porté un coup sévère au projet. Ce pays souhaitait faire de Dubaï, un centre financier, des affaires et du commerce, le siège de la future banque centrale.

Pour justifier leur attitude, les Émirats avaient affirmé avoir été le premier pays à demander, dès 2004, d'obtenir le siège de cette institution.

Ce renoncement émirati «va réduire le poids de l'union envisagée au moment où le monde traverse une crise financière et que les rassemblements économiques sont importants», avait estimé lors de l'annonce l'analyste koweïtien, Hajaj Bukdhur.

L'échéance 2013 est désormais jugée comme la plus vraisemblable par divers analystes.

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