Un rapport de l'ONU - Israël est blâmé pour des incidents à Gaza

New York — La responsabilité de l'État d'Israël est engagée dans six incidents ayant causé des morts, blessures ou dégâts dans les installations de l'ONU lors de son offensive dans la bande de Gaza en décembre et janvier.

«Dans six des neuf incidents [ayant fait l'objet de l'enquête], les morts, blessures et dégâts ont été causés par des actions militaires des Forces de défense d'Israël, usant de munitions lancées ou larguées depuis les airs ou tirées du sol», , affirme un rapport d'enquête publié hier à l'ONU dont un résumé a été remis au Conseil de sécurité et communiqué à la presse.

Un septième incident, moins grave, est également attribué à des tirs israéliens, d'armes légères. Un huitième est en revanche attribué à «une faction palestinienne, probablement le Hamas» et aucune responsabilité certaine n'a pu être établie pour le neuvième.

Le rapport émane d'une commission d'enquête indépendante mise sur pied par l'ONU pour enquêter sur neuf incidents lors desquels les locaux de l'ONU dans la bande de Gaza avaient subi des bombardements ou des tirs, attribués pour la plupart à Israël et qui avaient fait des morts, des blessés et d'importants dégâts matériels.

Le quartier général de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) et plusieurs de ses écoles avaient ainsi été endommagés dans des attaques israéliennes lors de l'offensive.

«Aucune activité militaire n'était menée à partir des locaux de l'ONU au moment de ces incidents», ajoute le rapport, contredisant ainsi les affirmations faites à l'époque par Israël. Il accuse le gouvernement d'Israël de n'avoir «pas fait suffisamment d'efforts et pris assez de précautions pour remplir sa responsabilité de respecter l'inviolabilité des installations de l'ONU et protéger les civils dans ces lieux».

La commission d'enquête recommande à l'ONU de demander à Israël «une reconnaissance formelle du fait que ses affirmations publiques selon lesquelles des Palestiniens avaient effectué des tirs à partir de l'école Jabalia de l'UNRWA le 6 janvier et du bureau de l'UNRWA le 15 janvier étaient fausses et qu'Israël les regrette». Elle recommande aussi que l'ONU entame des démarches pour obtenir d'Israël des réparations financières pour les dépenses en conséquence de ces incidents.

Le gouvernement israélien a d'ores et déjà rejeté le rapport, affirmant qu'il était biaisé en faveur du groupe islamiste Hamas.

Lors d'une conférence de presse peu après la diffusion du rapport, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué son intention de «demander réparations pour les dommages subis par l'ONU». Soulignant le «caractère indépendant» de la commission, il a démenti des informations de presse selon lesquelles il aurait édulcoré le rapport sous la pression des autorités israéliennes.

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