Israël - Lieberman est interrogé par la police dans une affaire de corruption

Avigdor Lieberman
Photo: Agence Reuters Avigdor Lieberman

Jérusalem — Le ministre israélien des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, qui a provoqué dès son entrée en fonction des remous en Israël et à l'étranger en adoptant des positions dures envers des Palestiniens et des Syriens, a été interrogé hier pour des soupçons de corruption.

M. Lieberman est le chef du parti d'extrême-droite Israël Beiteinou, arrivé troisième lors des législatives de février provoquées par la démission du premier ministre Éhoud Olmert, lui-même mis en cause dans des affaires de corruption.

Hier, le nouveau chef de la diplomatie israélienne a exclu toute concession sur le plateau du Golan conquis de la Syrie, après avoir rejeté, la veille, le processus d'Annapolis qui a relancé fin 2007 les négociations de paix pour parvenir à un accord sur un État palestinien.

«Il n'y a pas de résolution du cabinet israélien concernant les négociations avec la Syrie et nous avons déjà dit que nous n'accepterions pas de retrait du Golan», a-t-il affirmé au quotidien Haaretz. Damas veut récupérer la totalité du plateau conquis en 1967 et annexé en 1981 par l'État hébreu.

Sur le front palestinien, M. Lieberman a affirmé mercredi que son pays n'était lié que par la Feuille de route, un plan de paix élaboré par le Quartette (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU) prévoyant à terme la création d'un État palestinien. Mais son application étape par étape s'est avérée extrêmement problématique depuis son lancement en 2003.

A la conférence d'Annapolis (États-Unis), M. Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas avaient décidé de négocier directement les questions-clés comme les frontières, le sort des colonies et de Jérusalem dans la prespective de la création d'un État palestinien.

M. Lieberman et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton ont convenu lors d'un entretien téléphonique de se rencontrer le «plus vite possible», a-t-on appris au bureau de M. Lieberman.

L'Égypte, liée par un traité de paix à Israël, a qualifié hier de regrettables les déclarations de M. Lieberman.

En Israël, l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, désormais chef de l'opposition, a de son côté pressé M. Nétanyahou de désavouer son chef de la diplomatie.

La police

M. Lieberman a par ailleurs été interrogé hier durant sept heures et demi par des enquêteurs de la police dans le cadre d'une enquête ouverte il y a neuf ans sur des affaires de corruption, blanchiment d'argent et abus de confiance dont il se serait rendu coupable.

Le controversé leader ultranationaliste a protesté de son innocence dans ces affaires qui lui sont reprochées, dont la police n'a pas dévoilé les détails, et qui lui avaient valu d'être déjà interrogé par la police avant de devenir chef de la diplomatie israélienne.

La presse israélienne a rapporté que Lieberman aurait notamment reçu des pots-de-vin via une firme de consultants dirigée par sa fille Michal, qui a été interrogée ainsi que plusieurs des collaborateurs avant les élections du 10 février.

Selon les médias, M. Lieberman aurait également reçu de «très importantes sommes d'argent en provenance de l'étranger» pour financer ses campagnes électorales. Ces fonds auraient transité grâce à des sociétés fictives et différents comptes bancaires.

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