La communauté internationale rappelle la nécessité du principe d'un règlement basé sur deux États - Israël rejette les accords d'Annapolis et veut revenir à ceux de 2003

La question palestinienne est venue hanter la cérémonie de passation des pouvoirs hier, à Jérusalem, Benjamin Nétanyahou (à gauche) rompant avec la position D’éhoud Olmert.
Photo: Agence Reuters La question palestinienne est venue hanter la cérémonie de passation des pouvoirs hier, à Jérusalem, Benjamin Nétanyahou (à gauche) rompant avec la position D’éhoud Olmert.

Le gouvernement israélien de droite de Benjamin Nétanyahou a pris ses fonctions hier, essuyant aussitôt l'ire de l'Autorité palestinienne et un concert d'appels en faveur d'un État palestinien.

Jérusalem — Le nouveau chef de la diplomatie Avigdor Lieberman a effectué une mise au point hier, jour de la prise de fonctions du gouvernement Netanyahu, affirmant qu'Israël n'était pas lié par le processus d'Annapolis qui a relancé les négociations avec les Palestiniens.

Un proche du premier ministre Benjamin Nétanyahou a dit que ces propos traduisaient assez largement l'opinion du nouveau premier ministre israélien, dont le gouvernement de coalition dominé par la droite.

«Il n'y a qu'un seul document qui nous lie et ce n'est pas la conférence d'Annapolis [...], seulement la Feuille de route», a déclaré le dirigeant d'extrême droite lors de la passation de pouvoir.

Les Palestiniens ont immédiatement dénoncé ces propos. Un conseiller du président Abbas, qui a participé à la conférence de paix d'Annapolis, dans le Maryland, sous l'égide de l'ex-président américain George Bush, a réclamé que l'administration d'Obama se démarque sur-le-champ des propos de Lieberman. Ce qui fut fait.

«Nous continuons de penser qu'une solution à deux États, avec des Israéliens et des Palestiniens qui vivent côte à côte dans la paix et la sécurité, sert nos intérêts et ceux de la région», a aussitôt réagi un haut responsable accompagnant le président Barack Obama au sommet du G20 à Londres.

La Feuille de route

Lancée à l'été 2003, la Feuille de route est un plan de paix élaboré par le Quartette international pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) qui prévoit la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël. Mais ce plan est largement resté lettre morte.

À Annapolis, fin 2007, le premier ministre israélien Éhoud Olmert et Mahmoud Abbas avaient convenu de relancer les négociations de paix, à l'arrêt depuis sept ans, pour parvenir à un accord sur un État palestinien, comme prévu par la Feuille de route.

«Nous respecterons les accords signés par les précédents gouvernements et, bien que j'aie voté contre la Feuille de route, ce document ayant été adopté par le gouvernement israélien, c'est le seul que nous respecterons», a précisé M. Lieberman. «Nous suivrons précisément la Feuille de route, a déclaré hier poursuivi. Je n'accepterai pas de sauter des étapes. [...] Nous exigeons en échange du respect par Israël de chaque point que les Palestiniens fassent la même chose.»

Lors de son investiture mardi devant la Knesset, Benjamin Nétanyahou, dont le gouvernement s'appuie surtout sur des partis de droite et d'extrême droite, avait omis de parler d'un État palestinien.

Embarrassée, la communauté internationale a insisté hier sur la nécessité que le gouvernement israélien reconnaissee le principe d'un règlement basé sur deux États.

En Israël même, le président Shimon Peres a exhorté M. Nétanyahou à accepter le principe d'un État palestinien.

Éhoud Olmert, pour sa part, avait prévenu son successeur lundi : «Deux États pour deux peuples. Il n'y a pas d'alternative. Ça ne sert à rien d'essayer de jouer au plus fin. Ce qui est en jeu, c'est un compromis spectaculaire, douloureux et déchirant, mais nécessaire», lui a-t-il dit.

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