«Israël continuera à faire à sa tête»

Rezek Faraj, auteur du livre Palestine, le refus de disparaître, s'attend au pire avec l'accession au pouvoir de Benyamin Nétanyahou en Israël, à la tête d'une coalition fortement marquée à droite.

«On a peur qu'il y ait des massacres avec Nétanyahou et Lieberman [nouveau ministre des Affaires étrangères, chef d'un parti ultranationaliste]. En deux mots, je m'attends à une catastrophe. Israël continuera à faire à sa tête», a-t-il indiqué hier au cours d'un déjeuner-causerie organisé par la Coalition pour la justice et la paix en Palestine.

M. Nétanyahou, chef du Likoud, a été premier ministre de 1996 à 1999 et a fait campagne pour l'extension des colonies de peuplement juif en Cisjordanie. Depuis les récentes élections générales en Israël, il a quelque peu modéré son discours, se disant favorable au processus de paix israélo-palestinien et à l'amélioration des relations entre l'État juif et les pays arabes et musulmans.

Il ne s'est cependant pas clairement prononcé pour une solution à deux États, préférant parler d'une amélioration de l'économie palestinienne.

Rezek Faraj, un des fondateurs du Paju (Palestiniens et Juifs unis) emploie des termes très durs envers l'État d'Israël. Selon lui, «le blocus et l'invasion de Gaza en 2008-09 sont des cas où la définition du mot "génocide" s'applique sans ambiguïté».

M. Faraj a aussi condamné la «participation indirecte» de la communauté internationale «par son silence ou par son appui tacite ou déclaré».

Il croit que la Maison-Blanche de Barack Obama n'apportera «aucun changement par rapport à [George W.] Bush en ce qui concerne le Moyen-Orient». Il en veut pour preuve les nominations de David Axelrod et de Rahm Emanuel à des postes de conseiller, de même que les positions très pro-israéliennes de Joe Biden et de Hillary Clinton.

L'auteur de Palestine, le refus de disparaître croit aussi que l'actuelle «position unilatérale» du Canada est «suicidaire» parce qu'elle empêche celui-ci de jouer «un certain rôle» au Moyen-Orient.

Selon lui, les espoirs de paix suscités par la fameuse poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur la pelouse de la Maison-Blanche en 1993 se sont envolés à cause de la reprise de la colonisation. Aujourd'hui, pense-t-il, la solution des deux États n'est plus possible à cause des colonies, des autoroutes réservées et des contrôles routiers qui ont grugé la Cisjordanie palestinienne. À moins de l'élimination des Palestiniens, ce qui est impensable de nos jours, «il n'y a pas d'autre solution à long terme qu'un seul État démocratique et laïc pour tous», conclut-il.

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