Israël - Livni refuse l'offre de Nétanyahou

Des chars israéliens manoeuvraient hier près de la bande de Gaza. La question palestinienne divise toujours Benjamin Nétanyahou et Tzipi Livni, qui n’ont pu s’entendre hier pour participer à un gouvernement de coalition.
Photo: Agence Reuters Des chars israéliens manoeuvraient hier près de la bande de Gaza. La question palestinienne divise toujours Benjamin Nétanyahou et Tzipi Livni, qui n’ont pu s’entendre hier pour participer à un gouvernement de coalition.

Jérusalem — Le chef du Likoud (droite), Benjamin Nétanyahou, chargé de former le gouvernement en Israël, n'est pas parvenu à rallier hier le Kadima (centre) de Tzipi Livni pour participer à un cabinet d'union en raison de divergences sur les négociations avec les Palestiniens.

«Nous ne sommes parvenus à aucun progrès sur des sujets essentiels. Il y a des divergences de fond notamment sur la manière d'arriver à un accord basé sur le principe de deux États pour deux peuples ainsi que sur un accord final avec les Palestiniens», a affirmé Mme Livni aux journalistes après un entretien avec M. Nétanyahou à Jérusalem.

La ministre des Affaires étrangères sortante a toutefois accepté de rencontrer une nouvelle fois M. Nétanyahou dans les prochains jours.

Moins négatif, M. Nétanyahou a affirmé qu'il allait poursuivre ses efforts dans les prochains jours «pour constituer un gouvernement d'union». «Nous avons trouvé de nombreux points communs, mais tout cela nécessite d'autres rencontres. On peut trouver une voie commune», a ajouté M. Nétanyahou.

«Nous allons fixer et rédiger les bases d'un gouvernement et d'autres formations pourront se joindre à nous», a ajouté M. Nétanyahou en soulignant que «s'il y a une volonté nous trouverons une solution». Il a également annoncé une rencontre aujourd'hui avec le chef du parti travailliste et ministre de la Défense sortant Ehud Barak. Mme Livni avait tempéré avant l'entretien les espoirs d'accord en soulignant que son parti n'entrerait que dans un gouvernement acceptant la «vision de deux États pour deux peuples».

«Autrement, il s'agirait d'une tromperie vis-à-vis des électeurs», a-t-elle ajouté en soulignant qu'elle ne discuterait pas de la répartition de portefeuilles ministériels avec M. Nétanyahou mais de «question essentielles».

Selon les commentateurs, Mme Livni entend obtenir l'assurance qu'elle pourra continuer à mener des négociations avec les Palestiniens.

Le Kadima a obtenu 28 sièges (sur 120) aux législatives du 10 février, contre 27 au Likoud qui peut en revanche s'appuyer sur un bloc de 65 députés de la mouvance de droite.

M. Nétanyahou, 59 ans, opposé aux accords d'Oslo de 1993 et hostile à la création d'un État palestinien, propose une sorte d'autonomie élargie à travers un «plan de paix économique» pour les Palestiniens de Cisjordanie.

Appuyé par les travaillistes (13 élus), le Kadima a endossé les dispositions de la conférence internationale d'Annapolis (novembre 2007) qui stipulent l'avènement d'un État palestinien coexistant pacifiquement aux côtés d'Israël.

Conscient de la fragilité d'un gouvernement composé avec l'extrême droite religieuse et laïque, à la durée limitée, et d'éventuelles pressions de la nouvelle administration américaine, M. Nétanyahou devrait assouplir ses positions, selon les médias.

Selon un de ses proches, M. Nétanyahou pourrait proposer au Kadima un nombre équivalent de portefeuilles ministériels en lui confiant les Finances, ainsi que la diplomatie ou la Défense.

Mme Livni a affirmé ces derniers jours vouloir gagner l'opposition «pour incarner l'alternative» plutôt que de cautionner l'équipe Nétanyahou.

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