Mitchell voit une route semée d'embûches

Jérusalem — De nouveaux contretemps sont à craindre dans la recherche d'un règlement de paix entre Israël et les Palestiniens après le conflit de la bande de Gaza, a déclaré hier l'émissaire du président Barack Obama au Moyen-Orient, George Mitchell.

«La violence tragique observée à Gaza et dans le sud d'Israël rappelle avec gravité que des défis sérieux et difficiles, et malheureusement des contretemps, sont à venir», a-t-il dit à la presse à Jérusalem après deux journées de discussions avec des dirigeants israéliens et palestiniens.

L'émissaire américain a réitéré la nécessité de «consolider un cessez-le-feu durable tout en répondant immédiatement aux besoins humanitaires» pour pouvoir aller de l'avant.

«Le président Obama a exprimé sa profonde inquiétude au sujet des victimes tombées récemment et des souffrances considérables endurées dans la bande de Gaza», a ajouté George Mitchell après la visite d'un entrepôt de l'ONU rempli de vivres destinés à l'enclave.

Israël a lancé le 27 décembre une offensive qui visait à obliger les islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza à cesser leurs tirs de roquettes sur les villes du sud d'Israël.

Environ 1300 Palestiniens ont été tués, dont plus de 700 civils. Plus de 4000 ont été blessés et des milliers d'autres ont perdu leur toit sous les bombardements ou lors d'interventions de bulldozers. Dix soldats et trois civils israéliens ont péri avant l'arrêt des combats le 18 janvier.

Vendredi, le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, a déclaré à la radio militaire que le cessez-le-feu tiendrait parce que l'offensive menée par Tsahal durant 22 jours avait porté «un coup très rude» au Hamas.

Conformément à un principe appliqué de longue date par les États-Unis, George Mitchell n'a pas rencontré de représentant du Hamas durant sa visite, le mouvement étant considéré comme une organisation «terroriste» par les pays occidentaux en raison de son refus de renoncer à la violence et de reconnaître Israël.

L'émissaire américain a cependant ajouté : «Les États-Unis restent engagés dans la recherche active et énergique d'une paix durable entre Israël et les Palestiniens, ainsi qu'entre Israël et ses autres voisins arabes.»

À l'entrepôt de l'ONU, George Mitchell a annoncé que Barack Obama avait approuvé l'octroi d'un supplément de 20 millions de dollars pour l'aide humanitaire à Gaza, qui s'ajoute à 40 millions de dollars destinés à différentes associations humanitaires.

Israël n'a pas rouvert les points de passage situés sur les frontières de Gaza aux fournitures telles que ciment, acier ou verre, qui sont nécessaires à la réparation des bâtiments et installations endommagés. L'État juif estime en effet que le Hamas peut utiliser ces matériaux pour fabriquer des roquettes ou construire d'autres tunnels pour la contrebande d'armes.

George Mitchell a recommandé l'ouverture des frontières aux produits commerciaux mais en recommandant que cela s'effectue avec la participation de l'Autorité palestinienne — dont le président Mahmoud Abbas n'est plus reconnu par le Hamas.

Selon des responsables américains, les Israéliens laissent actuellement de 100 à 120 camions franchir le point de passage de Kerem Shalom pour acheminer de l'aide humanitaire à Gaza. En outre, l'équivalent de 60 à 80 cargaisons entrent dans l'enclave par tapis roulant au passage de Karni.

Des roquettes ont encore été tirées cette semaine sur le sud d'Israël et Tsahal a bombardé des tunnels à la frontière entre l'Égypte et Gaza.

Par ailleurs, un dirigeant du Hamas passé dans la clandestinité durant l'offensive israélienne, Khalil al Hayya, est réapparu hier en public à Gaza et a pris la parole au cours d'un rassemblement. «Nous avions promis de vous revenir en martyrs ou en vainqueurs, a-t-il dit. Aujourd'hui, je viens vers vous et vous êtes vainqueurs.»

Pour sa première visite dans la région depuis sa nomination la semaine dernière, George Mitchell s'est rendu en Israël, en Cisjordanie et en Égypte. Il doit poursuivre son voyage par la Jordanie et l'Arabie saoudite.

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